Le gouvernement rwandais a renforcé l’enseignement technique et professionnel (TVET), afin de pallier le problème de chômage chez les jeunes. Un décalage a été observé entre les exigences du marché du travail et les compétences des jeunes sortant du système éducatif formel.
La valorisation de l’enseignement technique et professionnel, connu communément sous l’abréviation de TVET, contribue inévitablement à la lutte contre le chômage. Cela passe par la formation des jeunes avec des compétences pratiques et professionnelles. Cette formation répond ainsi au déficit de compétences et aux besoins du marché du travail pour soutenir la transformation économique du pays. Beaucoup de jeunes n’ont pas hésité à suivre cette orientation soutenue par le gouvernement rwandais.
Djibril Irakoze est l’un parmi eux. Il a fréquenté l’école technique Saint Joseph Integrated College-Nyamirambo. Il est aujourd’hui jeune diplômé en électricité. Il n’a pas tardé à obtenir un emploi. Un mois seulement après avoir terminé ses études, il a été embauché au ’’Rwanda Energy Group (REG)’’, station de Nyarugenge. Selon lui, cet emploi va lui permettre de poursuivre ses études techniques supérieures en s’auto finançant.

’’ Cet emploi constitue pour moi une grande opportunité. Il va me permettre de poursuivre aisément mes études supérieures dans le domaine technique et sans toujours dépendre de mes parents, qui n’ont d’ailleurs pas beaucoup de moyens’’, a-t-il déclaré.
Djibril Irakoze indique qu’il a l’ambition de créer sa propre entreprise technique, dès qu’il aura terminé ses études supérieures.
’’ J’ai toujours eu cette ambition de créer une entreprise technique, et je pense que mon rêve est en voie de devenir réalité. L’emploi que j’ai obtenu va m’aider pour financer mes études d’une part, et d’épargner de l’argent pour ma future entreprise d’autre part’’, affirme-t-il avec confiance.

Même son de cloche chez Yvette Mukarudasingwa ayant fréquenté l’école technique secondaire de Mayange, dans le district de Bugesera. Selon elle, sa vie et celle de sa famille a changé grâce à la formation technique qu’elle a reçue.
’’ Je suis détentrice d’un atelier de soudure et elle me permet de bien vivre avec ma famille. J’embauche également plus de 20 jeunes et adultes dont 2 femmes. Je pense qu’ainsi je contribue au développement de ma communauté’’, a-t-elle fièrement affirmé.
Selon Yvette Mukarudasingwa, beaucoup de jeunes ne sont plus réticents devant les TVET comme c’était le cas dans les années passées.
’’Beaucoup envient ce que je fais et viennent parfois me consulter pour connaitre le chemin à suivre’’, a-t-elle déclaré.

Selon elle, cet enseignement donne aux jeunes ruraux les compétences nécessaires pour des emplois dans des secteurs clés comme l’agriculture, le tourisme, la construction, la soudure, l’énergie solaire ou les technologies de l’information.
Face au défi lié à la réticence des jeunes devant les TVET, le directeur général de Rwanda TVET Board (RTB), Paul Umukunzi, affirme qu’on fait tout le possible pour améliorer l’image des TVET, en les présentant comme un parcours valorisant et offrant de bonnes opportunités d’emploi.
’’ On observe aujourd’hui un changement progressif de perception de l’enseignement technique et professionnel (TVET), avec une reconnaissance accrue de son rôle primordial dans le développement économique et la création d’emplois’’, se réjouit-il.
Paul Umukunzi explique que des efforts sont fournis pour renforcer de plus en plus les TVET au Rwanda, afin de faire face au chômage.

’’ Le gouvernement rwandais, en partenariat avec le secteur privé, équipe les écoles de matériel de pointe, introduit des programmes ciblés et change la perception de l’enseignement technique pour encourager son adoption et favoriser l’employabilité’’, indique-t-il.
De son côté, la secrétaire d’Etat au ministère de l’éducation, Claudette Irere, affiche beaucoup d’optimisme. Elle affirme que la formation technique et professionnelle sera la plus grande source de création de l’emploi au Rwanda et en dehors du pays. L’objectif, dit-elle, est de voir le nombre d’élèves ayant suivi la formation technique est professionnelle s’élever à 60%.
’’ Nous nous réjouissons de voir que le nombre d’élèves aux TVET augmente régulièrement. En 2020, nous avions constaté que 31 % des élèves du pays suivaient la formation technique et professionnelle. Aujourd’hui, nous en avons atteint 48 %. Notre objectif est d’arriver à 60 %’’, déclare la secrétaire d’Etat Claudette Irere.

Des études récentes montrent que près de 70 % des diplômés des TVET trouvent un emploi dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme, et plus de 80 % des employeurs sont satisfaits de leurs compétences.
Selon l’Institut National de la Statistique du Rwanda (NISR), le taux de chômage des jeunes était de 14,9 % en 2024, marquant une baisse par rapport à 17,2 % en 2023. Les TVET y ont joué un rôle non négligeable.
L’office rwandais de l’enseignement technique (RTB) prévoit la construction de 30 centres d’excellence pour les métiers, à raison d’un centre dans chaque district du pays. C’est dans le souci de répondre à plusieurs problèmes d’emplois et la qualité du travail de techniciens au Rwanda.
Actuellement le Rwanda compte plus de 400 TVET, éparpillés à travers tout le pays. Selon les prévisions, ils devraient atteindre un total de 2044 d’ici 2029.
Vital Ndayambaje


































































