Le Rwanda accueille une conférence internationale sur la construction de la paix. Elle a pour thème, ” Ecouter et diriger : l’art et la science de la paix, de la résilience et de la justice transformationnelle’’.
Cette conférence interpelle le monde entier aux efforts collectifs pour la construction de la paix et la prévention des génocides.
En procédant à l’ouverture de ces assises de 3 jours, le ministre de l’Unité nationale et de l’engagement civique, Dr. Jean Damascène Bizimana, a indiqué que la conférence se tient dans une période clé où le Rwanda et la communauté internationale commémorent les 30 ans du génocide commis contre les Tutsi entre avril et juillet 1994.
” Nous commémorons en même temps les 30 ans de libération du Rwanda par le Front Patriotique Rwandais, qui a permis au Rwanda de devenir un Etat où règne la paix et la vie’’, a-t-il déclaré.
Le ministre Bizimana a indiqué qu’après le génocide commis contre les Tutsi, les Rwandais ont refusé la vengeance, et cela pour des raisons salutaires.

” Après avoir mis fin au génocide, les Rwandais ont refusé la vengeance, ils ont fait le choix de l’unité, de la justice réconciliatrice et du vivre ensemble, au-delà des souffrances immenses qu’avaient occasionnées le génocide et ses plaies’’, a expliqué Dr. Bizimana.
” Nous avons choisi de rectifier les erreurs du passé, non pas parce que c’était plus facile, mais parce que c’était une condition sine qua non pour avoir un pays meilleur pour nous, pour nos amis et le monde entier dans son ensemble’’, a-t-il encore souligné.
Concernant la justice transformationnelle, le ministre Bizimana a rappelé que les tribunaux populaires Gacaca ont pu juger 2 millions d’affaires dans une période de 10 ans, au moment où la juridiction internationale n’en a fait que pour 75 cas sur une période similaire.
Le ministre Bizimana a enfin déclaré que la création des sites du génocide dans tout le pays incarne l’engagement du gouvernement rwandais pour perpétuer la mémoire du génocide commis contre les Tutsi. C’est aussi, a-t-il dit, pour le soutien inlassable aux rescapés du génocide commis contre les Tutsi.

De son côté, la conseillère spéciale du secrétaire général des Nations Unies sur la prévention des génocides, Alice Wairimu Nderitu, a fait l’éloge des projets du Rwanda visant à instaurer la paix, l’intégrité et la justice.
” Le Rwanda est un signe que l’unité et la réconciliation sont possibles. Elles méritent donc d’être étudiées dans de nombreux pays du monde’’, a-t-elle déclaré.
” Aujourd’hui, nous sommes dans ce pays qui a été témoin de l’horreur du génocide contre les Tutsi en 1994. Nous restons perplexes face au chemin parcouru par le Rwanda après qu’il ait été laissé à lui-même, et face à sa réussite en matière de réconciliation et de résilience’’, a ajouté Alice Wairimu Nderitu.
Pour sa part, Dr. Jonathan Tirrell de l’Université de Tufts, a insisté sur l’éducation civique pour les jeunes.
” L’éducation civique va nous permettre de tisser l’espoir et la résilience pour les futures générations’’, a-t-il souligné.

Lors de cette conférence, l’Aegis Trust a annoncé la création de ”Isōko Peace Institute’’. C’est un institut international pour la paix.
Comme il a été expliqué par Freddy Mutanguha, directeur général de Aegis Trust Rwanda, cet institut sera un lieu d’échange sur la pratique de la coexistence pacifique.
Il sera construit à Bugesera, près du nouvel aéroport international du Rwanda. Il sera, a-t-il dit, au service des communautés du Rwanda, de l’Afrique et du monde.
Cette conférence de Kigali a été organisée par Aegis Trust en collaboration avec l’Université du Rwanda et celle de Tufts au Massachusetts, et sous l’égide du MINUBUMWE.
Elle connait la participation d’un groupe d’universitaires de renommée internationale, de praticiens de la paix, d’éducateurs et de décideurs politiques.
Vital Ndayambaje



































































