Le président burundais, Evariste Ndayishimiye, a joué la carte ethnique du 05 au 07 juillet devant l’opposition congolaise en lui signifiant que tous les Congolais ont un même ennemi sans préciser lequel. Mais ceux qui suivent attentivement la politique primitive en cours dans la région et la situation sécuritaire dans l’Est en RDC ont compris ce langage.
Le président burundais a tenté ainsi de sauver politiquement son ” Boss”, Félix Tshisekedi, en cherchant à convaincre l’opposition congolaise à se rallier au projet de changement de la constitution.
L’opposition, regroupée sous la coalition ” C64” a dressé ”une ligne rouge”. Elle refuse catégoriquement d’ouvrir la moindre porte à une modification de la constitution ou à l’organisation d’un référendum. Elle dénonce un ”coup d’Etat constitutionnel”. Elle appelle à une grande mobilisation populaire le 22 juillet 2026 pour faire blocage à ce projet.
De son côté, l’Eglise catholique (CENCO) qui était représentée à Bujumbura, a également alerté sur le fait qu’un changement de constitution n’était ni une urgence, ni une priorité face aux souffrances de la population.
”La RDC n’est pas un Etat,” Louis Michel

Louis Michel, ancien ministre belge des affaires étrangères et commissaire européen au développement, a déclaré que la RDC est un pays malgré toutes les tribus et toutes les ethnies qui peuvent y avoir mais qu’il avait ” le sentiment que ce n’est pas un Etat.”
” Les grandes institutions qui font qu’un Etat puisse fonctionner même quand le politique n’est pas là, les grandes fonctions régaliennes, la justice, l’armée républicaine, la santé, l’éducation, la culture, tout ce qui fait un Etat, ce qui fait le caractère pérenne d’un Etat, je pense que ça n’a pas encore été réalisé au Congo,” a-t-il dit.
” Et je pense aussi que si les plus grands manquements c’est en fait ça, c’est le fait qu’il n’y a pas d’Etat réellement au Congo. En tout cas, pas un Etat au sens régalien du terme,” a-t-il souligné.
” Vous avez des Etats en Afrique, malheureusement le Congo c’est encore déficitaire,” a-t-il indiqué.
L’interview a été réalisée en septembre 2019 par Le Vif. Les analystes politiques dans la région sont unanimes. La situation n’a pas encore évolué six ans après.
La RDC est confrontée à une prolifération de groupes armés et de milices. La situation sécuritaire en RDC se caractérise par une mosaique de groupes armés, dont l’impact varie selon les régions. Tshisekedi ne maitrise pas son propre armée. Les FARDC sont impliquées dans l’exploitation illégale des minerais.
Les pratiques informelles et les demandes de frais non officiels par certains agents de justice ou de police freinent l’accès des pauvres à la justice.
Dans le secteur de l’éducation, l’Etat a mis en oeuvre la gratuité de l’enseignement au niveau du primaire. Cette mesure a permis d’intégrer des millions d’enfants supplémentaires dans le système scolaire. Cependant, l’afflux massif d’écoliers dans les écoles publiques a mis à rude épreuve les capacités d’accueil existantes. Le manque de bancs, de salles de classe adaptées et de matériel pédagogique entrave le bon déroulement de l’apprentissage…
La santé souffre d’un manque chronique de financement. A cela s’ajoute la lutte récurrente contre des épidémies comme la rougeole, le choléra, le Mpox, le paludisme, …et un taux de mortalité maternelle et infantile parmi les plus élevés d’Afrique.
Et pourtant, Félix Tshisekedi se bat bec et ongles pour un changement de la constitution. L’opposition congolaise y voit une stratégie pour contourner la limite actuelle des deux mandats. Si le projet constitutionnel de Félix Tshisekedi aboutit, ce chef d’Etat pourrait briguer un troisième mandat au-delà de 2028.
Gérard Rugambwa




































































