Daphrose Gauthier Mukarumongi, une Rwandaise activiste anti génocide est décédée à l’âge de 72 ans des suites d’une maladie. Elle était membre fondatrice du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), une organisation œuvrant pour la poursuite des suspects du génocide vivant en France.
Daphrose Gauthier Mukarumongi, est décédée, ce samedi 3 octobre 2026, des suites d’une longue maladie.
Elle était connue pour avoir consacré sa vie à traquer les responsables du génocide commis contre les Tutsi en 1994, réfugiés en Europe, et en particulier en France.

Elle était également connue pour son combat en faveur de la justice pour les victimes du génocide, une cause qu’elle a défendue aux côtés de son mari, Alain Gauthier. Ensemble, ils ont fondé le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), une organisation qui a rassemblé des preuves et des témoignages utilisés pour poursuivre les suspects du génocide vivant en France.
En reconnaissance de leur dévouement exceptionnel à la mémoire et à la justice, le président Paul Kagame leur avait décerné en 2017 l’Ordre national de l’amitié exceptionnelle (Igihango), la plus haute distinction honorifique du Rwanda pour les contributions aux relations internationales et à la dignité humaine.

Daphrose Gauthier est née dans l’ancienne préfecture de Butare en 1954. Elle a poursuivi des études universitaires en chimie en France. Elle a rencontré Alain Gauthier alors que ce Français travaillait comme enseignant au Rwanda. Ils se sont mariés par la suite et se sont installés en France, où ils résidaient au moment du génocide commis contre les Tutsi. Ils ont eu trois enfants ensemble.
Au moment du génocide, Daphrose Gauthier était en visite au Rwanda mais a pu échapper de justesse. Toutefois le génocide lui a laissé de profondes blessures émotionnelles, car il a coûté la vie à environ 80 membres de sa famille. Après le génocide, Daphrose et son mari se sont engagés à faire en sorte que les auteurs des crimes ne puissent plus vivre en toute impunité. Ils ont entamé leur combat pour la justice en faveur des victimes du génocide en 1996 et ont fondé le CPCR en 2001.
Leur travail consistait notamment à localiser les suspects de génocide en France, à se rendre au Rwanda pour recueillir des preuves sur les lieux des crimes, à s’entretenir avec des survivants et des détenus, ainsi qu’à préparer des dossiers pour la justice.

Daphrose Gauthier a également joué un rôle crucial dans la traduction en français de documents en kinyarwanda utilisés lors des procédures judiciaires. Sa connaissance du Rwanda, de sa langue et de son histoire s’est avérée déterminante pour la collecte et l’interprétation des preuves.
Cette entreprise a exigé d’importants sacrifices personnels, notamment sur le plan financier et en termes de temps passé loin de ses enfants.
Parallèlement à la traque des suspects, ils intervenaient dans des écoles et des universités pour sensibiliser les jeunes à l’histoire du génocide, contribuant ainsi à la préservation de la mémoire et à la lutte contre le négationnisme.
Pour Daphrose Gauthier, la justice était un moyen de rendre la dignité aux victimes du génocide. Elle expliquait que les procès permettaient de prononcer leurs noms et de reconnaître leur identité et leur vécu, plutôt que de les réduire à de simples statistiques.
Vital Ndayambaje


































































