Mireille Mouéllé est une candidate aux élections sénatoriales françaises de septembre 2023. Elle est française d’origine africaine, précisément camerounaise. Elle veut apporter son savoir-faire et son dynamisme dans l’établissement de nouvelles relations entre l’Afrique et la France.
Le Canapé : Quels sont les éléments de votre profile faisant de vous une candidate idéale aux élections sénatoriales françaises ?
Mireille Mouéllé : L’on me reconnaît comme une femme de terrain, à l’écoute, accessible, géopolitique, férue de travail, visionnaire.
J’ai couvert les cinq régions de l’Afrique auprès d’instances dirigeantes gouvernementales, du secteur privé, de la société civile et associative. Quotidiennement je travaille avec les cinq continents.
Je suis également la Présidente-Fondatrice de l’Organisation Internationale Non-Gouvernementale (OING) Conseil Représentatif des Biculturels Francophones et Francophiles. Nous sommes sur les cinq continents. Le slogan est catalyseur des talents d’excellence francophones et francophiles.
Je suis également reconnue depuis 2021 comme l’une des 500 personnes africaines les plus impactantes et influentes dans le monde.
J’œuvre beaucoup pour l’encouragement public au service de l’humain dans le cadre de l’intérêt général.
Je ne travaille pas en temps horaire, je suis dans un espace intemporel. Ma passion c’est être au service de l’humain. J’y consacre le parcours de mon chemin de vie. Ces citoyens discrets mais non anonymes, dits de la minorité. Je connais chacun de leur nom et de leurs talents.
Le Canapé : Vous voulez briguer votre premier mandat au Senat. Qu’est-ce qui a motivé votre initiative ?
Mireille Mouéllé : Ce qui a motivé cette initiative ce sont mes engagements quotidiens et professionnels auprès de toutes les couches de communautés socio-économiques du monde qui osent s’exprimer de toutes les formes qu’elles soient.
Le fait que la politique actuelle évolue lentement au regard de la société civile votante, que l’on ait le sentiment qu’elle est pareille depuis plusieurs décades, avec les mêmes personnes politiques dirigeantes donc sans transmission, cela exhorte de tenir compte du monde actuel dans son grand ensemble au sein des concerts des nations.
Le Canapé : Vous êtes française d’origine africaine. Apportez-vous un plus à la politique française en Afrique?
Mireille Mouéllé : Evidemment j’apporterai un plus, un nouvel air politique, un nouveau prisme dans la manière de gérer une cité « monde » que je côtoie déjà avec régularité journalière.
Surtout pour ce qui est des citoyens de la société civile, par une réelle démarche d’interculturalité et la création des relations tous domaines de symbiose jamais mises en place jusqu’à présent.
Le Canapé : Comment comptez-vous y arriver ?
Mireille Mouéllé: Quels ont été les derniers Sénateurs Français de l’Etranger aux origines de l’Afrique de l’intérieur, à avoir siégé à la chambre haute, l’hémicycle où se discute et où se vote la politique internationale de la France, et le prépondérant segment de l’Afrique, haut lieu sujet de toutes les formes d’appétence actuelle, dont la manière d’y être est désappropriée ?
Aujourd’hui dans le concert des nations, l’Union Européenne, les Nations Unies et toutes autres structure institutionnelle, internationale voire mondiale discute de l’Afrique sans que certains de ces Etats Africains y siègent à un poste permanent ou avec droit de vote.
Dans le monde de demain qui s’est déjà installé, quel que soit le domaine dont il sera sujet, il faudra des personnes aux filiations naturelles de ce continent, pour mieux comprendre, interpréter ce langage culturel, le décrypter, décrisper des positions, faire à ce que les blocs de ces grands ensembles puissent coopérer avec harmonie et équité selon les rites de convenance.
Je tiens ici à rappeler que le 24 Janvier est la Journée Mondiale de la Culture Africaine, des communautés afro-caraïbéenne, et latino-américaines, et afro-descendants.
Le 24 Janvier 2022 Son Excellence Monsieur Félix Antoine TSHISEKEDI Chef d’Etat de la République Démocratique du Congo, et Président en exercice de l’Union Africaine a inauguré à cet effet la Maison de l’Afrique à Kinshasa, en présence de Monsieur John Ayité DOSSAVI initiateur-fondateur et Président de la #JMCA et du #RAPEC (Réseau Africain des Promoteurs et Entrepreneurs de la Culture Africain avec le prix Kékéli). Une date historique, un événement symbolique de ce continent berceau de l’humanité. Une reconnaissance et consolidation des faits et éléments par l’Union Africaine avec sa sixième région. Le thème de cette année était « Culture Africaine et Afrodescendante pour la paix et le développement durable »

Le Canapé : Quels sont vos projets pour la société française ?
Mireille Mouéllé: En 2050 la plus grande démographie mondiale sera en Afrique, les Africains représenteront le quart de la population mondiale, en particulier sur la zone Francophone.
L’Asie stagne au niveau de la natalité. L’Europe opère à un infléchissement de sa courbe démographique, ce qui justifie également qu’il soit nommé le plus vieux continent du monde. L’Afrique le plus jeune et premier continent au monde. Il fait preuve de vision « juste » de rectitude pour un rééquilibrage intercontinental.
La société française, c’est ces communautés africaines qui ne sont pas issues de l’immigration puisqu’elles ont été emmenées en France par l’esclavage, et les troupes africaines des deux guerres mondiales. Celles-là même qui ont donné à la France le statut de « La France libre. », en rappelle le chant militaire « C’est nous les Africains. »
Le Gouverneur Félix Eboué, seul militaire haut gradé de l’armée française, fils d’un esclave Camerounais déporté à Cayenne, avait répondu à l’appel du Général de Gaulle. Avez-vous compté combien de villes africaines ont été capitales de la France libre durant ces guerres mondiales ? Combien de grandes avenues, ronds-points et boulevards en Afrique portent les noms d’illustres politiques ou Chefs d’Etat Français ?
Nous assistons depuis quelques années à un phénomène de rapatriement de la jeunesse entreprenante, de la France vers l’Afrique. Nombreux sont comme moi des enfants bicontinentaux, de par notre généalogie et lieu de naissance. On ne peut pas faire un déni notre état civil qui est notre premier acte juridique d’existence.
Il faut des emplois qui correspondent au continent Afrique de demain et pas d’importations, de même pour l’éducation par le programme ELAN (Etudes des Langues Africaines Nationales) de 2011 issue de l’OIF qui prône le bilinguisme avec l’introduction des langues maternelles africaines au sein de l’éducation nationale, en milieu scolaire.
Chaque continent est unique, souverain, avec ces propres manières d’être et de faire. Ce siècle et celui de vivre autrement, avec ses propres codes, celui d’avoir chacun son esprit critique, où les échecs forment les succès. Le siècle « évolutionnaire » par les transformations opérées par sa sixième région hors continentale.
Propos recueillis par Gérard Rugambwa



































































