Dans « Rwanda Ukwakira 90 : Data muri cya gihugu cy’amata n’ubuki » (Rwanda Octobre 90 : Mon père au pays du lait et du miel), lancé le 3 juin 2022, Mutangana Boshya Steven décrit les tortures subies par son père en 1990, les persécutions et l’exil de 1959 à 1973, le génocide perpétré contre les Tutsi et comment les enfants ont appris la culture rwandaise et le patriotisme par leurs parents, même s’ils ont été maltraités et forcés de s’exiler.
L’inspiration pour écrire ce livre composé de six parties principales est venue de la 25e commémoration du génocide de 1994 contre les Tutsi au site mémorial de Kabgayi.
L’auteur a découvert qu’il y avait des lettres adressées à son grand-père feu Tereraho Berchmans grâce au discours du Dr Jean Damascène Bizimana, actuel ministre de l’unité nationale et de l’engagement civique.

Elles avaient été écrites en 1984 et 1985. Elles avertissaient son grand-père de ne pas recevoir son fils et son petit-fils. Ces derniers venaient de l’étranger. Ils étaient privés de leurs droits parce qu’ils étaient Tutsi.
A partir de cette époque, Mutangana Boshya Steven a décidé d’écrire sur sa famille en raison de ce qu’il a vu à l’hôpital de Gisenyi. Il avait fait le deplacement de Goma vers le Rwanda pour s’enquérir de la situation de son père. Ce dernier était emprisonné par l’ancien gouvernement du Rwanda d’octobre à novembre 1990. Le papa de l’auteur était venu rendre visite à son propre père, le grand-père de l’auteur, qui vivait au Rwanda.
« Le 16 octobre 1990, mon père Boshya est venu au Rwanda de la RDC où il était en exil. Il a été arreté et incarcéré à la prison de Gisenyi, accusé d’être un complice d’Inyenzi Inkotanyi. Il a été torturé presque à mort. Ensuite il a été envoyé à l’hôpital de Gisenyi. Le 22 de ce mois, alors que j’avais 13 ans et que j’étudiais à Goma, je suis venu voir mon père qui était toujours torturé à l’hôpital et surveillé par les anciennes forces armées rwandaises au Rwanda, » a annoncé Mutangana.

«Normalement, à l’hôpital, on s’occupe des patients, mais là-bas ils le torturaient à mes yeux. J’ai écrit ce que j’ai vu là-bas. J’ai dessiné des images illustrant la scène. J’ai également souligné les jours, dates et années importants qui caractérisent l’histoire du Rwanda ainsi que l’histoire de ma famille et le parcours de mon père, » a-t-il ajouté.
Le secrétaire général de la Commission Nationale Rwandaise pour l’UNESCO (CNRU), Mutesa Albert, a loué les efforts de l’auteur pour avoir publié ces mémoires. « C’est un bel exemple et une grande réussite, » a-t-il declaré.
« C’est le livre qui m’a plu. Il m’a rappelé ma propre histoire. Il reflète le parcours de chacun. Nous sommes des générations ayant vu beaucoup de choses. Nous avons de quoi écrire. Beaucoup d’entre nous disent qu’ils écriront après avoir pris leur retraite, mais Steven a réussi à publier son œuvre, malgré les autres tâches qu’il a à accomplir. C’est vraiment génial, j’encourage les gens, surtout les jeunes, à écrire, » a-t-il souligné.

L’auteur de ce livre, Mutangana Boshya Steven, écrit habituellement des opinions, des histoires courtes, longues et des articles de fond dans les journaux, car c’est un ancien journaliste. Il a également publié deux livres en français sur la culture et le journalisme.
Sandra Nadège Uwamariya



































































