Le saxophoniste camerounais, Mamu Dibango, est mort ce mardi à l’âge de 86 ans du covid-19, annonce sa page officielle de Facebook.
« C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre Papy Groove. »
Manu Dibango est la première célébrité mondiale à décéder suite à l’infection au coronavirus. Malgré son âge avancé, il pouvait encore organiser des concerts. Le dernier date du 01/02/2020 à Montpellier, au Sud de la France.
Selon Paris Match, parler de Manu Dibango, c’est évoquer une époque que les jeunes de moins de 40 ans ne peuvent connaitre.
Emmanuel N’Djoke Dibango, dit Manu Dibango, est né à Douala, au Cameroun le 12 décembre 1933. Sa famille est de confession protestante, et sa mère dirige la chorale de l’Eglise.
Une longue carrière musicale
En 1949, il se rend à Saint-Calais, dans le Nord de la France pour poursuivre ses études. C’est à Cartre qu’il découvre le jazz au début des années 50. Il apprend le piano, puis le saxophone, et commence à se produire sur scènes.
C’est à Bruxelles qu’il rencontre sa femme Coco. Son jazz s’africanise au contact du milieu congolais belge. Joseph Kabasele Tshamala, dit Grand Kalle l’engage dans son orchestre. Ils enregistrent plusieurs disques qui remportent le succès en Afrique. Il les amène à Kinshasa ou Manu lance le twist en 1962 dans sa propre boite. Le succès est phénoménal. Mais le musicien ne se sent pas bien accueilli dans son pays et décide de retourner en France.

En 1967, Manu Dibango est à la tête de son premier Big Band. Il développe son style musical novateur pour une série d’émissions télévisées.
En 1972, il enregistre la face B d’un 45 tours « Soul Makossa ». Il fait la conquête des Etats-Unis avec une tournée qui remporte un vif succès.
De 1975 à 1979, il dirige à Abidjan l’orchestre de la Radiotélévision ivoirienne. En 1978, il enregistre un album avec des musiciens nigérians, « Home Made » avant de s’envoler pour la Jamaïque. Là, il travaille sur le reggae avec Sly Dunbar.
Les années 80, il collabore avec Serge Gainsbourg. En 1982, il publie son album « Waka Juju ». Le 14 mai 1986, Manu est décoré de la médaille des arts et des lettres.
En 1992, Yves Bigot lui propose d’enregistrer l’album « Wakafrica ». Une reprise de plus grands tubes africains.
L’album « Labastabastani » parait en 1996. Il s’inspire de la disparition de sa femme, l’année précédente. Manu Dibango enchaine deux albums, la musique d’animation du film Kirikou et les bêtes sauvages en 2005. Un album en hommage à Sydney Bechet.
Gérard Rugambwa



































































May his soul rest in eternal peace.