Les Etats Unis d’Amérique viennent d’arrêter le présumé génocidaire Vincent Nzigiyimfura. Il est accusé d’avoir dirigé les massacres dans le Sud du Rwanda pendant le génocide contre les Tutsi en 1994. Il a été arrêté dans l’Etat de l’Ohio où il se cachait depuis longtemps.
Vincent Nzigiyimfura, âgé de 65 ans, a été arrêté à Dayton, dans l’Ohio, par les autorités américaines pour fraude à l’immigration et à la naturalisation. C’est après avoir prétendument dissimulé son rôle dans le génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda.
Le ministère américain de la justice a annoncé que Nzigiyimfura devait répondre d’un chef d’accusation de fraude en matière de visa et de deux chefs d’accusation de tentative de fraude en matière de naturalisation.
Les procureurs affirment qu’il a menti sur ses documents d’immigration et qu’il a faussement prétendu avoir fui le Rwanda à cause du génocide, en omettant son rôle présumé d’instigateur clé et de chef local des massacres.
” Vincent Nzigiyimfura a dirigé et encouragé des meurtres pendant le génocide au Rwanda, puis a menti aux autorités américaines pour commencer une nouvelle vie dans ce pays”, a déclaré Matthew Galeotti, chef de la division criminelle du ministère de la justice.

” S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à 30 ans de prison et une éventuelle expulsion vers le Rwanda’’, a-t-il précisé.
Vincent Nzigiyimfura fait l’objet d’enquêtes depuis plus de vingt ans. En 2009, l’organisation de défense des droits de l’homme African Rights, basée à Londres, a publié un rapport détaillé intitulé ”Vincent Nzigiyimfura au Malawi : Un pilier du génocide de 1994”. Le rapport l’accuse d’avoir orchestré des tueries dans les communes de Nyanza, Nyabisindu et Kigoma, dans le Sud du Rwanda.
Selon le rapport, Nzigiyimfura a collaboré avec des officiers militaires, des politiciens, des dirigeants locaux et des hommes d’affaires pour planifier et exécuter les massacres.
Il aurait été particulièrement proche de Célestin Ugirashebuja, l’ancien maire de Kigoma. Celui-ci s’est réfugié au Royaume-Uni pour échapper aux poursuites judiciaires.
Après le génocide, Nzigiyimfura s’est réfugié au Malawi, a pris le nom de Vincent Nzigiye et a créé une entreprise commerciale à Lilongwe.
African Rights affirme qu’il a aidé à faire entrer clandestinement d’autres suspects de génocide au Malawi et qu’il a fait pression pour obtenir la citoyenneté locale.
En 2019, le bureau du procureur général du Rwanda a révélé que Nzigiyimfura avait refait surface aux Etats-Unis, vivant à Dayton, dans l’Ohio.

Le ministère public a appelé le gouvernement américain à enquêter sur lui et à l’arrêter, citant de nombreux éléments de preuve recueillis par les enquêtes rwandaises et partagés avec les autorités américaines.
Le Rwanda a également indiqué qu’il était prêt à coopérer au cas où les Etats-Unis choisiraient de le juger dans le pays.
L’arrestation de Nzigiyimfura s’inscrit dans le cadre d’une initiative américaine plus large visant à enquêter sur les cas de fraude à l’immigration impliquant des crimes contre l’humanité et à engager des poursuites à cet égard.
Le ministère de la justice a réaffirmé que les Etats-Unis ne serviraient pas de refuge aux personnes ayant pris part à un génocide ou à d’autres atrocités.
L’arrestation de Nzigiyimfura ouvre maintenant la voie à une éventuelle extradition, à des poursuites aux Etats-Unis ou à la révocation de la citoyenneté et à l’expulsion. C’est en fonction de la suite de la procédure judiciaire et des discussions diplomatiques avec le Rwanda.
Cette arrestation de Nzigiyimfura intervient quelques semaines seulement après l’arrestation dans le New Jersey de Jean Uwimana, un autre Rwandais soupçonné de génocide.
Actuellement les Etats-Unis redoublent d’efforts pour demander des comptes à ceux qui ont commis des atrocités et sont ensuite entrés dans le pays sous de faux prétextes.
Vital Ndayambaje


































































