Lors du 19 eme Dialogue national ”Umushyikirano”, prévu par la constitution de la République du Rwanda, le ministre de l’unité nationale et l’engagement civique, Dr Jean Damascène Bizimana, a prononcé un discours sur l’unité nationale. Dans l’article ci-dessous, Fanny Akimana tente d’en décortiquer le contenu.
Dans un discours empreint de profonde réflexion, le Dr. Jean Damascène Bizimana, ministre de l’unité nationale et de l’engagement civique (MINUBUMWE), offre une vision inspirante du parcours exceptionnel du Rwanda. Ce dernier est centré sur le pilier essentiel de l’unité nationale.
A l’approche de la commémoration de la 30 eme année du génocide, le ministre souligne le travail continu et collectif nécessaire pour préserver l’unité nationale, en particulier face aux résurgences constantes des menaces divisionnistes.
Dr. Bizimana rappelle que, historiquement le Rwanda était une société unie, avant d’être délibérément sabotée par les colonisateurs. Ces derniers cherchaient à faciliter leur entreprise hégémonique, ainsi caractérisant bien l’adage ”diviser pour régner”.
Cette idéologie raciste et discriminante a persisté sous les régimes post-indépendances. Le paroxysme a été atteint avec le génocide des Tutsi. Il a endeuillé le pays de plus d’un million de vies humaines.

Après la Libération, les défis étaient complexes. C’était notamment dans la traque des génocidaires, la quête de justice pour les rescapés, le rapatriement des réfugiés, la reconstruction des institutions et la pérennisation de la sécurité nationale.
Les tribunaux Gacaca, une voie vers l’unité et la réconciliation
Des décisions ont été prises dans l’esprit de reconstruire une nation unie. La mise en place des tribunaux Gacaca en est un exemple éloquent.
Ils ont joué un rôle essentiel en favorisant une approche participative et équitable pour la quête de justice. Ils ont grandement contribué à la reconstruction de l’unité nationale. Ils ont impliqué activement les communautés dans le processus judiciaire, facilitant ainsi le dialogue entre les victimes et les auteurs.
Ce vaste travail de renaissance accompli en à peine trois décennies est visible à l’œil nu. Il est également remarquable à travers les sondages menés auprès de la population, comme en témoignent les données exposées par le Dr. Jean Damascène Bizimana. Il souligne les résultats actuels, illustrant le succès de l’engagement envers l’unité nationale, avec un pourcentage passant de 82,3% en 2010 à 94,7% de nos jours.
Cette progression témoigne de l’engagement continu du Rwanda à construire une société fondée sur la compréhension mutuelle, le pardon et la collaboration. La réunification nationale, bien que complexe, atteste du succès des initiatives et des stratégies adaptées ayant forgé une nation plus forte et plus unie.

En outre, l’unité nationale dépasse les frontières du Rwanda, incluant les Rwandais résidant dans le monde entier. Leur participation active est essentielle dans la vitalité du pays.
A cet effet, diverses initiatives sont déployées pour réunir et inclure la diaspora rwandaise mondiale, comme en témoigne le Rwanda Day. Cette rencontre annuelle rassemble entre 2000 et 3000 Rwandais d’origines diverses. L’édition la plus récente vient de se tenir du 2 au 3 février à Washington D.C., aux Etats-Unis.
L’unité nationale est à préserver
L’unité nationale demeure cruciale pour le Rwanda, non seulement en réponse aux horreurs du génocide, mais aussi en tant que fondement de la prospérité future.
Elle construit une société inclusive, où tous les Rwandais peuvent contribuer au développement du pays. L’unité favorise une gouvernance équitable, illustrée par le partage du pouvoir dans le gouvernement, le Parlement et les institutions décentralisées.
Le point culminant du discours réside dans l’appel du Dr. Bizimana aux jeunes pour protéger le Rwanda actuel et continuer d’assurer sa prospérité. Pour ce faire, il les invite à préserver l’unité atteinte. Celle-ci n’est pas une chose acquise. Elle est fragile et doit s’entretenir à tous les niveaux de la société.

C’est un devoir et une nécessité pour ne plus jamais revivre les horreurs du génocide. La conjoncture politico-sécuritaire dans certains pays de la région est exploitée à tort à travers un regain du discours de haine. Sa virulence est observée sur les réseaux sociaux. La jeunesse ne doit pas succomber au divisionnisme et doit le contrer.
De surcroît, il souligne l’importance de l’éducation pour sensibiliser la jeunesse aux leçons de l’histoire et les armer contre les discours destructeurs.
L’unité nationale au Rwanda, forgée à travers des choix stratégiques, des solutions innovantes et des résultats positifs, émerge comme un pilier indispensable pour la reconstruction post-génocide.
Alors que le pays continue de surmonter les défis, il est impératif de consolider les gains réalisés. De plus, il faut rester vigilant face aux menaces potentielles.
La nation rwandaise est invitée à s’appuyer sur son histoire et à regarder vers l’avenir avec un engagement renouvelé envers l’unité, la réconciliation et la construction d’une société prospère pour tous.
Fanny Akimana


































































