L’ancien président tanzanien, Ali Hassan Mwinyi, est décédé à l’âge de 98 ans. Un deuil de 7 jours a été décrété.
Ali Hassan Mwinyi fut le deuxième président de la Tanzanie. Il a succédé au président fondateur de la Tanzanie, Mwalimu Julius Nyerere. Mwinyi a exercé ses fonctions entre 1984 et 1994. Il est mort à trois mois seulement de son 99 eme anniversaire. Il avait été hospitalisé le 24 février pour une maladie de poitrine.
La présidente de la Tanzanie s’est dite consternée par la mort de cet ancien dirigeant.
” Je suis triste d’annoncer ce décès’’, a-t-elle déclaré, ajoutant que l’ex-chef d’Etat suivait un traitement pour un cancer du poumon.
” Il avait été hospitalisé à Londres en novembre 2023 avant de revenir poursuivre ses soins à Dar es Salaam’’, a précisé Samia Suluhu Hassan.
”Je saisis l’occasion pour décréter un deuil national de 7 jours où les drapeaux tanzaniens seront en berne’’, a souligné la présidente de la Tanzanie.
Elle a enfin précisé que l’inhumation de l’ancien président Ali Hassan Mwinyi est prévue en date du 2 mars.

Perçu comme un dirigeant timide à son arrivée au pouvoir en 1984, Ali Hassan Mwinyi a réussi pourtant à redresser la Tanzanie en empruntant le chemin des réformes.
Cet ancien instituteur et dirigeant de l’archipel semi-autonome de Zanzibar avait été désigné par le héros de l’indépendance, Julius Nyerere, pour lui succéder à la présidence du pays.
Ali Hassan Mwinyi hérite alors d’un pays en proie aux difficultés économiques, après 24 ans d’une politique socialiste qui n’a pas porté ses fruits. Les Tanzaniens peinent à gagner leur vie et les demandes de réforme se font plus pressantes. Ali Hassan Mwinyi rompt avec cette ligne politique et se lance dans la libéralisation de l’économie du pays.
Il ouvre notamment la Tanzanie aux importations et lève les restrictions sur la création d’entreprises privées. Dans ses mémoires publiées en 2020, il expliquait notamment que la politique socialiste de l’”Ujamaa” avait privé de revenus les petits commerçants.
” L’économie de la Tanzanie était confrontée à un certain nombre de problèmes qui ont été identifiés plus tard comme étant principalement causés par notre modèle économique, démontrant la nécessité de réformer ce modèle’’, se justifiait-il.
Sa libéralisation de l’économie s’est aussi accompagnée de nombreux scandales de corruption, qui ont amené plusieurs bailleurs internationaux à suspendre leurs aides en 1994.
Sur le plan politique, Ali Hassan Mwinyi instaura en 1992 une démocratie multipartite en Tanzanie, permettant à des partis d’opposition de se présenter pour la première fois à l’élection présidentielle après sa démission, trois ans plus tard. Mais sa décennie à la tête du pays a été émaillée de controverses. Certains lui ont reproché d’avoir favorisé les musulmans pour les plus hauts postes gouvernementaux. Une accusation qu’il a toujours récusée, et qui l’a touchée, avait-il déclaré.
Depuis son retrait de la scène politique en 1995, l’ancien dirigeant s’était fait plus discret.
Son fils, le Dr Hussein Ali Mwinyi, est l’actuel président de Zanzibar, dans l’archipel tanzanien.
Vital Ndayambaje


































































