L’Afrique du Sud prévoit d’augmenter sa production d’énergie nucléaire pour l’instant marginale. C’est ce qu’a annoncé le gouvernement et cela fait suite à une grave crise de l’électricité et des coupures répétées.
En conférence de presse mardi à Johannesburg, le ministre sud-africain de l’Energie a dévoilé le nouveau plan basé sur le nucléaire. Il a indiqué que son gouvernement veut tenter de sortir de la grave crise de l’électricité et des coupures répétées. Ceci affectant la population et les entreprises.
” La production d’électricité ne peut pas répondre à la demande. Il faut donc une capacité de production supplémentaire parce que la flotte d’Eskom vieillit et que nous avons besoin d’une capacité de production supplémentaire’’, a souligné le ministre de l’Electricité, Kgosientsho Ramokgopa.
Des discussions avec plusieurs fournisseurs potentiels pour l’acquisition de nouvelles unités de production sont en cours.
Il pourrait s’agir de réacteurs conventionnels ou de petits réacteurs modulaires, moins puissants mais aussi moins coûteux. Une première mise en service est espérée à l’horizon 2032-2033.
” Nous allons nous assurer d’atteindre cette capacité nucléaire supplémentaire de 2500 mégawatts afin de répondre aux questions de sécurité nationale et de souveraineté énergétique. Il s’agit d’une étape importante’’, a-t-il ajouté.
L’Afrique du Sud possède une seule centrale nucléaire, une unité de Koeberg a été fermée pendant près d’un an afin de prolonger la durée de vie du site de 20 ans et la deuxième est en maintenance.

Le pays mise sur le nucléaire pour augmenter sa production d’énergie, mais aussi faire taire les critiques contre le gouvernement en place.
Sans préciser pour l’instant quelle forme et quelle technologie seront préférées, le ministre de l’Electricité Kgosientsho Ramokgopa a martelé que le développement du nucléaire est nécessaire pour le pays.
” Nous allons de l’avant pour nous assurer de préserver notre sécurité nationale et notre souveraineté énergétique. C’est très important et cela nous permettra aussi de conserver notre statut de leader sur le continent en termes de production nucléaire’’, a-t-il insisté.
Les Sud-Africains n’ont cependant pas oublié la débâcle du mégaprojet signé en secret avec la Russie, sous Jacob Zuma, entaché par la corruption.
Finalement avorté, il aurait dû conduire à la construction de huit réacteurs nucléaires, pour un prix exorbitant. Selon le ministre, une procédure adéquate a cette fois-ci été suivie.
Mais pour la société civile, ce nouveau projet manque toujours de transparence.
” Nous avons besoin de savoir comment le gouvernement a fait ses calculs, qu’il nous montre tout et soit transparent’’, estime Wayne Duvenage, directeur général de l’organisation anti-corruption OUTA.
” Nous devrons porter l’affaire en justice, sauf s’il est prouvé que c’est l’option la plus rentable et la meilleure pour répondre à nos besoins énergétiques futurs’’ a-t-il précisé.
Alors qu’une mise en service n’est pas envisageable avant 2032-2033, d’autres experts s’inquiètent du risque de ne pas choisir des sources d’énergies plus flexibles, comme les énergies renouvelables, ne produisant pas de déchets radioactifs.
Vital Ndayambaje


































































