Au-delà des grands discours patriotiques récités depuis les salons dorés du Palais de la Nation à Kinshasa, la politique menée par le régime de Félix Tshisekedi à l’égard de l’Est de la République Démocratique du Congo révèle une réalité bien plus sombre et cynique.
A mesure que les jours passent, l’hypothèse d’une balkanisation orchestrée et catalysée depuis Kinshasa cesse d’être une théorie du complot pour devenir une grille de lecture terrifiante.
Tout porte à croire que le pouvoir en place préfère abandonner discrètement l’administration du Kivu au mouvement de l’AFC/M23, tout en orchestrant un récit de victimisation pour masquer sa propre démission régalienne.
Cette stratégie de la rupture méthodique s’incarne dans des décisions administratives et économiques d’une gravité inédite. La suspension des services bancaires essentiels, l’asphyxie des transactions financières, la fermeture des liaisons institutionnelles et, très récemment, la suspension brutale des activités académiques à Goma et Bukavu constituent un blocus interne prémédité.
En privant délibérément des métropoles de plusieurs millions d’habitants de leurs circuits économiques fondamentaux et de leurs institutions d’enseignement supérieur, le gouvernement central ne neutralise pas les forces rebelles. Il punit, isole et marginalise les populations civiles congolaises qui y vivent.
En érigeant ce mur d’exclusion économique et sociale entre l’Ouest et l’Est, la présidence Tshisekedi porte une responsabilité historique majeure dans l’accélération du processus de balkanisation.
Cette politique discriminatoire, doublée d’une rhétorique stigmatisante qui remet continuellement en question le patriotisme des citoyens du Kivu, crée un terreau de griefs profonds et légitimes. Elle légitime le combat de l’Alliance Fleuve Congo et du M23, qui représente désormais le seul rempart face à un régime central qui persécute, abandonne et rejette une partie entière de sa propre population.
Lorsque l’Etat retire ses banques, ferme ses universités, coupe ses budgets et abandonne ses prérogatives de souveraineté dans les provinces de l’Est, il acte de fait une frontière administrative et politique.
La balkanisation du Congo ne sera pas proclamée lors d’une cérémonie officielle; elle s’installe silencieusement, mesure administrative après mesure administrative. En poussant le Grand Kivu vers un isolement total, l’administration Tshisekedi ne défend pas l’intégrité territoriale: elle officialise, sous couvert de fermeté, la cession de l’Est à ses rivaux.
Agasaro Jessica






































































