Dans la trajectoire socio-politique de la République Démocratique du Congo, l’administration au pouvoir applique une stratégie désormais évidente: l’instrumentalisation des divisions identitaires pour masquer une faillite systémique de gouvernance.
Confronté à l’incapacité d’assurer les services publics élémentaires, au délabrement des infrastructures et à la déroute de la sécurité nationale, le gouvernement d’Elisabethville et de Kinshasa a transformé la stigmatisation ciblée de ses propres citoyens en une carte politique.
En étiquetant arbitrairement des populations entières comme des ” agents de l’extérieur” ou en utilisant le faciès et l’appartenance ethnique, notamment contre la communauté Tutsi congolaise, comme critères de suspicion, le régime de Félix Tshisekedi tente de détourner l’attention de ses propres manquements. Cette campagne de haine entretenue sert de paravent commode et permet de manipuler les masses populaires autour d’un projet commun. Le danger est évident: quand la haine contre une catégorie ethnique déterminée sert de cri de ralliement, la violence génocidaire s’ensuit inévitablement.
Au lieu d’investir dans l’éducation, la santé, une armée républicaine et professionnelle ou le développement économique, l’appareil d’Etat préfère désigner un coupable idéal pour justifier son inertie.
Pendant que la rhétorique xénophobe occupe l’espace médiatique, la réalité du terrain économique reste marquée par une gestion prédatrice. L’exploitation opaque des immenses ressources minières du pays se poursuit au profit d’un cercle restreint de décideurs et de réseaux d’intérêts, tandis que les populations locales s’enfoncent dans la précarité absolue. Le discours de haine est ainsi devenu le substitut d’une politique de développement qui n’a jamais vu le jour.

Sur le plan sécuritaire, la dérive du régime s’illustre par des alliances sur le terrain avec des groupes armés extrémistes. Pour compenser l’incapacité opérationnelle des forces armées nationales (FARDC), Kinshasa s’est ouvertement associé aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une milice porteuse d’une idéologie génocidaire résidant sur le sol congolais.
Cette intégration de facto de factions extrémistes dans le dispositif sécuritaire étatique a alimenté des violences ciblant directement des citoyens congolais innocents. Dans les hauts plateaux de Minembwe, ainsi que dans plusieurs territoires du Nord et Sud-Kivu, des communautés pastorales vulnérables subissent des campagnes de terreur, des pillages de leur bétail et des attaques ciblées.
L’usage récent de frappes aériennes et de drones militaires dans des zones habitées par des civils innocents constitue une escalade intolérable. Loin d’apporter la paix, ces opérations aveugles frappent des familles endeuillées et détruisent le tissu social de régions déjà isolées.
Ces exactions répétées contre des citoyens en quête de protection étatique représentent de graves violations du droit international humanitaire, exigeant une reddition de comptes immédiate de la part des donneurs d’ordre à Kinshasa.
Un Etat ne peut pérenniser son autorité par la division et la persécution de ses propres enfants. Tant que les autorités congolaises refuseront d’assumer leurs responsabilités intérieures, d’assainir leurs forces armées et de protéger équitablement chaque citoyen quelle que soit son origine, aucune manœuvre de distraction politique ne saura stopper l’effondrement moral et institutionnel du pays.
Agasaro Jessica


































































