Le régime de Félix Tshisekedi a annoncé, il y a quelques jours, la libération de 15 détenus. Présenté comme un geste de bonne volonté dans le cadre des efforts de paix avec l’AFC/M23, cet acte vise à rassurer la communauté internationale sur la prétendue volonté de Kinshasa d’avancer vers un règlement négocié. Mais les faits, eux, racontent une toute autre histoire.
S’exprimant sur cette libération, Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23, a livré une mise au point cinglante. Sur les 15 prisonniers relâchés, seulement 9 figurent sur la liste des 768 détenus que son mouvement avait officiellement transmise aux médiateurs. Parmi les 6 autres, l’un est un ressortissant ougandais sans aucun lien avec l’organisation, et les 5 restants ont été arrêtés au Katanga, en Ituri ou à Kinshasa pour des motifs qui n’ont rien à voir avec l’AFC/M23.

Même si Kinshasa présente ces libérations comme un pas vers la désescalade, les arrestations arbitraires se poursuivent sur l’ensemble du territoire, a dénoncé Kanyuka. De nombreux Congolais sont toujours détenus pour leurs liens présumés avec le mouvement, sans aucune preuve tangible.
Pour le Dr Bojana Coulibaly, chercheuse en analyse du discours et des conflits dans la région des Grands Lacs, il suffit de regarder les chiffres pour mesurer l’écart entre les promesses et les actes de Kinshasa. Elle rappelle qu’en avril-mai 2025, l’AFC/M23 avait remis 1.359 soldats FARDC et PNC désarmés à Kinshasa via le CICR. En juillet de la même année, le mouvement avait soumis une liste de 768 prisonniers détenus à Makala, Ndolo et ailleurs. Le CICR en avait identifié et confirmé 311. Kinshasa, pourtant, a refusé de les libérer, les qualifiant de ”complices” ou de ”traîtres”.
Il faut souligner également que plusieurs centaines de prisonniers restent introuvables, ce qui tend à confirmer certains rapports faisant état d’exécutions sommaires de détenus que Kinshasa refuse de présenter au CICR.

La mise en scène de Kinshasa ne trompe personne. Elle révèle une stratégie de communication, pas une volonté de paix. Elle prouve, encore une fois si besoin était, que Kinshasa n’est pas sincère dans la recherche d’une solution négociée. Pour les médiateurs américains, qataris et africains, les leçons sont claires. Kinshasa utilise les négociations pour gagner du temps. Les Congolais ne se laisseront pas berner par des gestes symboliques.
La communauté internationale doit exiger des actes concrets, mesurables et vérifiables. Sans quoi, la paix restera une illusion entretenue par un régime sanguinaire qui entretient le conflit dans le but avoué de se maintenir au pouvoir.
Agasaro Jessica

































































