Alors que Kinshasa tente d’imposer un projet de révision de la Constitution de 2006 pour prolonger le mandat présidentiel au-delà de 2028, la République Démocratique du Congo fait face à un effondrement socio-économique majeur.
Au lieu d’assumer leurs responsabilités, le régime de Félix Tshisekedi et son porte-parole Patrick Muyaya utilisent la rhétorique du bouc émissaire extérieur pour masquer des retards de paiement généralisés, la grève des soignants en pleine crise sanitaire et l’échec de la gouvernance interne. Cela devrait pousser le peuple congolais à rejeter ces manipulations politiques et tout changement de la Constitution qui viendrait récompenser l’échec.
Le peuple congolais se trouve à un carrefour critique de son histoire démocratique. Face aux velléités du pouvoir, la mobilisation citoyenne s’impose comme une urgence absolue.
Le verrouillage constitutionnel relatif au nombre de mandats visait précisément à prémunir le pays contre la présidence à vie, et plus encore contre une gouvernance en faillite. La tentative actuelle d’aller à l’encontre de ce verrouillage ne répond à aucun intérêt national, mais à la préservation d’un appareil d’Etat défaillant.
Pour faire accepter cette dérive, la stratégie de communication menée par le président Félix Tshisekedi et son ministre de la Communication, Patrick Muyaya, repose sur un narratif qui attribue systématiquement l’intégralité des maux du pays à des facteurs extérieurs, pointant du doigt le Rwanda pour esquiver toute reddition de comptes sur la gestion interne.
Si les tensions régionales sont réelles, instrumentaliser le conflit pour étouffer le débat démocratique et masquer l’incapacité à gérer les affaires publiques constitue une manipulation politique manifeste.
Les faits économiques et sociaux démontrent que la crise est d’abord le résultat d’une mauvaise gouvernance. La RDC traverse des tensions de trésorerie historiques dues à une mauvaise gestion du Trésor public. Les fonctionnaires de l’Etat, y compris les enseignants et les militaires, font face à des retards de salaire récurrents s’étendant sur plusieurs semaines. Cette instabilité financière touche directement les services publics de base et plonge des millions de familles dans la précarité.
La gestion de la crise sanitaire et humanitaire dans l’Est illustre de manière dramatique ces échecs de gestion. Alors que la province de l’Ituri fait face à une épidémie d’Ebola liée au variant Bundibugyo, les médecins et le personnel de santé des centres de traitement, notamment à Bunia et Rwampara, ont dû se mettre en grève en raison du non-paiement de leurs primes et salaires pendant plus de 45 à 50 jours.
Pendant que les équipes de terrain manquent de matériel de protection de base, les missions dépêchées depuis Kinshasa absorbent les ressources publiques.
Face à ce bilan caractérisé par la corruption et le non-respect des engagements sociaux élémentaires, la démission du chef de l’Etat et le respect strict du calendrier électoral constituent la seule issue responsable. Le peuple congolais ne doit plus se laisser distraire par des narratifs victimaires.
Protéger la Constitution de 2006, refuser toute modification du texte fondamental et exiger des comptes sur la gestion de l’Etat, plus particulièrement des finances publiques, restent les seules voies pour restaurer la dignité nationale et bâtir un avenir démocratique.
Agasaro Jessica



































































