Il y a environ dix ans, le 12 décembre 2013, le gouvernement de la RDC, sous le régime Joseph Kabila Kabange, avait signé une déclaration à la fin des pourparlers avec M23.
Le rapatriement des réfugiés se trouvait parmi les engagements pris par le gouvernement Kabila. Il n’aura jamais lieu. Le président sortant légua ce problème au nouveau venu.
Le 24 janvier 2019, Félix Tshisekedi est investi Chef de l’Etat de la RDC. Des négociations ont eu lieu encore entre M23 et le gouvernement Tshisekedi pendant 14 mois. Un document a été signé.
Selon une vidéo virale d’Alain Siwako, député provincial élu de Beni, à la veille de la fin du mandat du gouvernement Tshisekedi, M23 a décidé de reprendre les armes.
” Vu que le mandat de Tshisekedi est presque terminé, M23 se demande quand les accords signés seront exécutés. C’est même le motif de la guerre dont est victime la province du Nord Kivu,” déclare-t-il.

“Ils exercent une pression pour faire fléchir le gouvernement de Kinshasa afin d’exécuter tout ce qu’ils ont signé en 2019,” révèle-t-il l’objectif de M23.
Entre temps d’autres pourparlers plus récents de Nairobi, d’Angola, de Bujumbura et d’Addis Abeba, au siège de l’Union Africaine, ne donnent rien pour le moment.
Il faudrait peut-être reconnaître que Patrick Muyaya, porte-parole de la RDC, a promis de “débarrasser le Rwanda d’un autre prétexte fallacieux sur la présence des réfugiés congolais sur son sol.”
Tshisekedi se moque des efforts de la région
Félix Antoine Tshisekedi participe à toutes les rencontres organisées dans le cadre régional. Il signe les documents mais arrivé à Kinshasa, il fait une lecture sélective du contenu des communiqués. Il bloque l’évolution de la situation dans l’esprit de Nairobi et Luanda pour la résolution durable de l’insécurité au Nord Kivu et au niveau régional.
Il sacrifie son peuple pour des visées politiques. Et il se plait à faire le tour du monde en accusant le Rwanda, son bouc émissaire, pour se donner une conscience tranquille.

Lors du mini sommet de Luanda tenu le 23 novembre 2022, les Chefs d’Etat ont demandé la cessation des hostilités en général. Les attaques du M23 contre les FARDC et la MONUSCO devaient s’arrêter. Le retrait des troupes de ce Mouvement des positions occupées était exigé. Et cela au plus tard le 13 mars 2023.
M23 avait commencé à se retirer des zones occupées. Et le Rwanda avait joué son rôle de lui demander de respecter le processus de Nairobi et la feuille de route de Luanda.
Le 23 décembre 2022, M23 s’est retiré de Kibumba. Le 06 janvier il a quitté Rumangabo. Les Chefs d’Etat de la région ont demandé que la Force régionale Est-africaine (EACRF) occupe les anciennes zones conquises par M23 pour servir de zone tampon entre FARDC et M23.
De surcroît, il fallait créer les conditions d’occupation par la Force Régionale Est-Africaine (EACRF) des zones cédées par M23.
La condition sine qua non pour le retrait de M23 dans les zones occupées, et la poursuite du processus était un cessez le feu au préalable. Il n’a pas été respecté par les troupes de la coalition gouvernementale (FARDC et les groupes armés dont FDLR). L’on attend peut-être l’exécution des accords qui n’aura jamais lieu.

Pour la RDC, FARDC doit commencer à occuper les régions cédées par M23 contrairement aux accords stipulant que ces zones doivent être occupées par les forces de l‘EAC.
Les différents communiqués, de Nairobi et Bujumbura, ainsi que la feuille de route de Luanda sont on ne peut plus clair. Tshisekedi et son gouvernement s’entêtent dans leur voie caractérisée par la haine et la recherche de la solution militaire.
La Commission de l’Union Africaine a mandaté l’Angola, assumant la présidence de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et le Burundi en qualité de président de la Communauté des pays de l’Afrique de l’Est.
Ce qu’il faudrait, ça serait laisser les Africains trouver des solutions à leurs affaires. L’Occident devrait plutôt exercer également une pression sur Tshisekedi pour qu’il joue sa part. Il ne devrait pas continuer à être juge et partie dans un conflit qui perdure et qui fait des victimes au quotidien. En écoutant ses balivernes sans les filtrer, on bloque le processus de Nairobi et la feuille de route de Luanda.
Gérard Rugambwa





































































