Dans le secteur Rusenge, du district Nyaruguru, 20 femmes-célibataires ont été tirées de la désolation par Plan International. Cette Organisation Non Gouvernementale les a aidées à apprendre un métier pour vivre dans la dignité.
Les 20 femmes-célibataires avaient été abusées sexuellement en pleine adolescence. Elles ont été engrossées et ont donné naissance à des bébés qu’elles n’étaient pas préparées à éduquer.
« Une copine m’a demandé de l’accompagner pour une visite chez son ami. Et je suis tombée dans un piège qui m’avez été tendu, » affirme Delphine Mutuyimana âgée de 32 ans. Les larmes commencent à circuler dans les yeux. « Passons à autre chose, » dit-elle, visiblement incapable de revivre la scène d’il y a 14 ans.
« J’ai caché mon état de grossesse à mes parents. J’ai dû passer de maison en maison à la recherche de logement. Les membres de la famille m’ont revue après l’accouchement, » révèle-t-elle. Par après, elle est tombée encore enceinte suite à ses conditions de vie difficiles.

« Quand tu es femme-célibataire, la vie n’est pas facile. Tu croises un homme et il te propose de l’argent pour acheter du savon, mais en retour il veut coucher avec toi. Si tu es dans le besoin, tu deviens une proie facile, » regrette-t-elle. Delphine a dû faire un second bébé et mener une vie misérable.
« Plan International m’a rendu un grand service. Quand ils m’ont pris en charge, j’étais devenue comme une folle, » témoigne-t-elle.
Aujourd’hui elle fait des tresses, la coiffure pour les hommes et les femmes à la fois.
« Ma situation sociale a changé. Maintenant je suis en bons termes avec mes parents. Quand ils ont un problème financier, j’interviens, je possède deux porcs et deux caprins, » déclare-t-elle.
« Chaque mois, je peux épargner 30.000 frws après avoir payé toutes les dépenses. Maintenant je ne peux pas être prise dans un piège, » dit-elle.

Anita Nzayisenga, âgée de 26 ans, a été engrossée à 19 ans. « Pendant la période de grossesse, j’avais été abandonnée par ma famille… Quand vous avez déjà mis au monde, vous devenez une domestique chez vous, » se plaint-elle.
Elle a appris à travailler dans un salon de coiffure quand son bébé était âgé de deux ans et demi. Elle maitrise le travail des tresses et sait mettre des produits dans les cheveux.
« Mon enfant fait l’école maternelle. Je ne manque jamais de moyens pour satisfaire à ses besoins, » affirme-t-elle.
Indéniable le rôle de Plan international
Selon la Secrétaire exécutive de secteur Rusenge, Speciose Muhimpundu, Plan International, en qualité de partenaire, a regroupé ces femmes-célibataires, les a formées et leur a donné du matériel, pour la coiffure des hommes et des femmes.

« Elles sont maintenant décomplexées, payent les frais scolaires de leurs enfants, certaines ont acheté du bétail, » montre la Secrétaire exécutive de secteur Rusenge, Speciose Muhimpundu, combien le sort de ces femmes-célibataires a changé.
Dès le début, elles ont bénéficié d’une formation sur la santé reproductive, et ont fréquenté l’école de formation technique et professionnelle (TVET) de Ndago pour leur certificat de six mois. 5 ont appris la soudure dont trois garçons et 20 autres la tresse et la coiffure. Ces dernières se sont regroupées en coopérative.

« Nous les avons aidées à créer un salon de coiffure. Nous avons acheté tout l’équipement. Les sièges, les tondeuses, les sèche-cheveux. Nous les avons initiées à l’épargne pour pouvoir se payer le loyer et s’occuper de leurs enfants après une année, » a confié Sharon Kiconco, directrice de l’Unité de programme de Plan International à Nyaruguru.
Cette organisation avait payé le loyer pour toute la première année pendant qu’elle les préparait à voler de leurs propres ailes. Environ 12 millions de frws ont été dépensés pour appuyer ces femmes-célibataires. Elles sont devenues indépendantes économiquement et ne comptent désormais que sur le fruit de leur labeur.
Gérard Rugambwa



































































