Une étude commanditée par l’Organisation de la Presse Francophone au Rwanda (OPFR) révèle l’absence du français dans les programmes universitaires. Les résultats de cette recherche ont été présentés ce vendredi 15 octobre à Kigali.
Dr Pravda Mfurankunda, dans sa présentation de l’étude sur « L’état actuel du français dans les universités au Rwanda » révèle l’absence de la langue française dans les universités au Rwanda.
« Le Français manque sa place dans l’ensemble des programmes d’enseignement de langues en général, » relate Dr Pravda Mfurankunda, enseignant de langues, citant ses informateurs.
Il reconnait cependant que l’Université du Tourisme, de la Technologie et du Business (UTB) enseigne cette langue de Voltaire. Elle forme des futurs agents de l’hôtellerie et du secteur touristique. Rwanda Polytechnic, assurant une formation technique, programme également quelques heures de français. « Elles ne peuvent pas, néanmoins, permettre à l’apprenant de s’exprimer en français, » constate-t-il.

Du point de vue quantité, poursuit Dr Pravda Mfurankunda, « le Français devrait jouir d’un certain pourcentage du nombre d’heures d’apprentissage aussi bien que l’Anglais, » suggère-t-il.
Du point de vue qualité, « le Français connait des obstacles liés au niveau des compétences linguistiques précaires des candidats admis à l’Université, » montre ce chercheur-enseignant à l’Université du Rwanda. Le niveau qualifié de bas résulte des lacunes accumulées à partir de l’école primaire.
« La priorité devrait être donnée à l’enseignement du français général, » conseille-t-il. « L’accent devrait être mis au renforcement de l’expression dans toutes les disciplines, » montre-t-il la voie à suivre.
Des idées constructives des participants
Faustin Rwamfizi, président du Rassemblement des professeurs de français, explique qu’il faut commencer par la formation des enseignants. Ces derniers connaissent eux-mêmes des difficultés dans l’expression française. « Nous avons commencé à assurer une formation des instituteurs (trices) pour leur permettre d’avoir le niveau requis, » dit-il.

Mme Juliette Bigot, conseillère de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France à Kigali, reconnait aussi l’insuffisance des compétences des enseignants rwandais en français. « D’une manière générale, les enseignants rwandais ne maitrisent pas la langue française, » signale-t-elle. « Si l’on pouvait renforcer le niveau de langue des professeurs … » propose-t-elle.
En l’absence du ministère de l’éducation, Juliette Bigot montre l’existence de la volonté politique de promouvoir l’enseignement de la langue française au Rwanda.
« On travaille avec le ministère de l’Education depuis un an à la mise en place d’un plan national d’apprentissage et de l’enseignement du français, » déclare Bigot. « L’Agence Française de Développement (AFD) soutient ce plan avec un financement de 5 à 7 millions d’euros pour les 4 prochaines années, » ajoute-t-elle. Elle ne cache pas la présence d’autres partenaires dans ce grand projet.

L’Organisation de la Presse Francophone au Rwanda (OPFR) poursuivra son plaidoyer pour la promotion de la langue française au Rwanda, promet Jeanne Kandama, Représentante légale.
Gérard Rugambwa


































































