Le risque de propagation du virus d’Ebola à Kinshasa est jugé très élevé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). La forte mobilité des populations et des axes de transport connectant l’Est à la capitale congolaise restent les principales raisons de cette préoccupation.
Bien que l’épicentre reste situé à plus de 1.700 kilomètres dans la province de l’Ituri, il y a lieu tout de même de craindre une propagation du virus d’Ebola ” Bundibugyo” jusqu’à Kinshasa.
Le moyen de transport le plus adopté car le moins cher est le bateau à travers le fleuve Congo. Les voyageurs sont embarqués sur des navires de marchandises ou des barges de transport à partir de Kindu ou Kisangani. Ils sont souvent très nombreux à bord dans de mauvaises conditions d’hygiène. Les risques de propagation des maladies sont élevés. En aout 2026, un cas suspect d’Ebola avait conduit à une mise en quarantaine d’un bateau au port de Maluku, non loin de Kinshasa.

Adopter la voie routière c’est faire un parcours de combattant. Il est pratiquement impossible de faire tout le voyage sur la route à cause de l’insécurité due à la présence des groupes armés et de l’état désastreux de la route nationale 1 (RN1). Les voyageurs doivent combiner la route sur de petites portions praticables et des motos ainsi que la traversée des rivières en pirogues ou rejoindre des hubs ferroviaires.
En plus de risques de contamination des maladies, la voie routière est très dangereuse et totalement impraticable pendant la saison pluvieuse.
La voie aérienne semble être la plus rapide et la plus sûre. Cependant pour le moment, tous les cinq avions de Congo Airways sont cloués au sol. Ceux qui peuvent voler sont ceux de la Compagnie Aérienne d’Aviation (CAA). Elle est à 100% privée.

Les contrôles sanitaires pour la prévention d‘Ebola sont plus systématiques à l’embarquement comme au débarquement par rapport aux autres voies de transport.
Impossible de contrôler les flux migratoires
Kinshasa est une plaque tournante économique. A ce fait s’ajoute une multitude de ports informels le long du fleuve Congo. Contrôler tous les flux migratoires semble être une tâche quasi impossible.
Faut-il ajouter la corruption remarquée pendant les autres crises sanitaires comme la Covid-19 et l’Ebola. Pour éviter les tests aux frontières ou d’être mis en quarantaine, certains avaient préféré graisser la patte des responsables sanitaires. Ce risque aujourd’hui reste très élevé sur le terrain. Les agents en charge de la riposte travaillent sans être payés régulièrement.
L’entrée du virus d’Ebola dans la capitale congolaise serait affreuse à cause de la densité de la population très élevée.
Gérard Rugambwa


































































