La célébration de la Journée de Libération pour la 32 eme fois dépasse le simple devoir de mémoire pour incarner la renaissance profonde d’un Rwanda qui, après les cent jours de ténèbres du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, a su transformer sa tragédie en une nation résiliente, unie et résolument tournée vers l’avenir.
Ce 4 juillet, bien plus qu’une commémoration de l’arrêt du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, marque le point de départ d’une métamorphose nationale. La promesse du ”Plus jamais ça” se cristallise concrètement; en témoigne l’engagement indéfectible des Forces rwandaises de Défense (RDF) et de la Police Nationale Rwandaise (RNP) au-delà de leur mission régalienne de sécurisation et de souveraineté.
Elles agissent aujourd’hui comme les bâtisseurs du bien-être social, transformant chaque défi de reconstruction en une opportunité de progrès. Elles prouvent ainsi que la lumière qui s’est levée il y a 32 ans continue, chaque jour, de guider notre pays sur la voie de sa prospérité durable.

La sécurité: pilier fondamental du renouveau rwandais
L’un des acquis les plus significatifs de la Libération réside dans cette capacité singulière à avoir su transformer le chaos en une nation stable et souveraine. Au lendemain des cent jours de ténèbres du Génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, le Rwanda a su, par la résilience de son peuple et le courage de ses libérateurs, tracer un nouveau chemin.
Comme le souligne souvent le Président Kagame, ” aucun développement durable n’est possible sans sécurité”. Ce principe est devenu la boussole de RDF. C’est grâce à cette stabilité retrouvée et maintenue que nous avons pu reconstruire nos institutions, dynamiser notre économie et inspirer la confiance des investisseurs.
Aujourd’hui, la sécurité rwandaise est reconnue et respectée à l’échelle internationale. Cette crédibilité se manifeste par l’engagement indéfectible des RDF au service de la stabilité régionale et mondiale: elles participent activement aux missions onusiennes de maintien de la paix, notamment en République centrafricaine, tout en déployant des forces bilatérales pour répondre aux défis sécuritaires des partenaires du Rwanda, comme au Mozambique. Ces engagements démontrent que le Pays des mille collines n’est pas seulement un modèle de résilience chez lui, mais qu’il s’est affirmé comme un acteur majeur de la sécurité sur le continent africain.

Les femmes irremplaçables dans certaines tâches
En cas de perturbation de la Paix, les femmes et les enfants sont généralement les plus affectés. Les femmes policières ou militaires accèdent plus facilement aux espaces privés pour échanger avec les femmes et les enfants déplacés par le conflit.
Pour la première fois, la Police nationale Rwandaise (RNP), a déployé au Sud Soudan en 2018, un contingent de 160 policiers à majorité de sexe féminin. Elles offrent un espace de confiance confidentiel pour parler de violence basée sur le genre. Elles encouragent la création et le renforcement des unités spécialisées au sein des commissariats sud-soudanaises. L’Unité de Police Constituée rwandaise (RWAFPU) à Juba sert de modèle d’émancipation de la femme soudanaise.
En République centrafricaine, RDF utilise également des femmes soldats ou au Mozambique pour lutter contre la violence basée sur le genre ou pour encadrer, rassurer et évacuer en toute sécurité les femmes et les enfants secourus.
En gagnant la confiance des communautés locales, elles recueillent également des informations sur les menaces sécuritaires que les hommes obtiendraient plus difficilement dans des milieux culturels stricts.
Au Mozambique, les femmes soldats sont intégrées dans des unités mixtes notamment au sein des contingents de la marine. Elles commandent des vedettes rapides, pilotent des bateaux de combat et opèrent sur des mitrailleuses lourdes sur l’eau.

Le gouvernement rwandais a annoncé un plan de 15 milliards de francs rwandais en 2023 qui vise à renforcer la participation des femmes aux missions de sécurité et de paix. Ces mesures témoignent de la reconnaissance par le Rwanda du rôle clé des femmes dans les contextes de sécurité tant nationaux qu’internationaux.
L’unité et l’ambition, moteurs du renouveau rwandais
Au-delà de la sécurité, c’est l’unité nationale retrouvée qui constitue aujourd’hui le véritable socle du renouveau rwandais. En cultivant une identité commune forte- celle du ”Ndi Umunyarwanda”- le pays a su panser ses blessures et transformer les clivages du passé en une force collective tournée résolument vers l’avenir. Cette résilience se manifeste désormais par un investissement sans précédent dans le capital humain, moteur essentiel de notre transformation numérique et économique. Guidé par la vision d’un Rwanda prospère, moderne et souverain, chaque citoyen s’affirme aujourd’hui comme l’architecte de son propre destin, portant fièrement les valeurs d’”Agaciro”: une dignité reconquise qui ne se contente plus de survivre, mais qui aspire désormais à exceller sur l’échiquier mondial.
La doctrine de la sécurité humaine
La réussite du modèle rwandais repose sur une conviction simple: il ne peut y avoir de développement durable sans sécurité, ni une population résiliente. C’est cette vision, souvent qualifiée de ” pacte civilo – instances sécuritaires”, qui guide l’action des Forces rwandaises de Défense du Rwanda (RDF) et de la Police nationale rwandaise.
Au-delà de leur mission de défense, elles contribuent activement au développement social et au bien-être des communautés. A travers leurs nombreuses initiatives en faveur des populations, les RDF démontrent que sécurité, solidarité et développement sont indissociables et se renforcent mutuellement. Un impact mesurable sur le terrain.
Le développement constitue le prolongement naturel de la sécurité. Par son action dans des secteurs stratégiques, l’armée contribue durablement à l’amélioration du cadre de vie de nos concitoyens. Cette dynamique se traduit aussi bien par le développement d’infrastructures vectrices de croissance économique que par un soutien accru au capital humain, via l’éducation et la santé, comme en témoignent plusieurs exemples.

Le Secteur économique: Infrastructure et Croissance
Dans ce secteur, l’action de l’armée vise à désenclaver les territoires pour libérer le potentiel commercial et agricole, transformant les infrastructures en leviers de prospérité pour les ménages.
Les infrastructures routières et les ouvrages d’art ne sont pas seulement des prouesses d’ingénierie; ils sont des vecteurs de liberté économique. La construction de ponts, notamment celui reliant les districts de Gakenke et Musanze, ainsi que l’aménagement de pistes rurales, permet aux agriculteurs d’acheminer leurs produits vers les centres urbains. Cela réduit drastiquement les pertes post-récoltes et augmente directement les revenus des ménages en fluidifiant le commerce.
Au-delà des infrastructures, l’armée participe activement au renforcement des capacités économiques des familles. Les programmes de distribution du petit bétail mis en œuvre dans les districts de Kayonza et Kirehe constituent une réponse directe à la pauvreté, améliorant la sécurité alimentaire et les revenus des populations locales.
Le Secteur Social: Santé, Education et Protection
Ici, l’intervention des RDF et de la RNP comble les besoins fondamentaux des populations, garantissant que l’accès aux soins, à l’eau et à l’éducation ne soit pas un privilège, mais un droit effectif.
Pour pallier la pression sur les structures civiles et atteindre les zones isolées, l’armée déploie des stratégies de santé publique cruciales à travers des campagnes de chirurgie, de dépistage, d’octroi des soins de santé primaire et d’unités médicales mobiles. Ces initiatives sauvent des vies et réduisent la précarité médicale et les coûts liés à la santé pour les plus démunis.

Le pilotage de projets d’adduction d’eau par les ingénieurs militaires est une mesure de santé préventive majeure. Dans le district de Kirehe, ces travaux permettent de réduire les maladies hydriques et libèrent un temps précieux pour les familles, en particulier les femmes et les enfants.
L’armée investit dans le futur en offrant des infrastructures durables pour l’apprentissage et le logement, garantissant ainsi la protection sociale des plus vulnérables. Elle construit de salles de classe pour garantir l’accès à l’école dans des zones isolées comme à Kamonyi. Des familles vulnérables reçoivent des logements. C’est le cas notamment à Nyabihu et à Gakenke. Ce qui donne accès à un socle pour un avenir meilleur.
La sécurité ne se mesure pas seulement à l’absence de conflit. Elle se mesure à la qualité de l’eau qui coule au robinet, au taux de scolarisation et à la dignité d’un foyer. Notre armée, en bâtissant ces infrastructures, sécurise avant tout le futur de notre nation.
Une marche commune vers l’avenir
En cette Journée de Libération, la lumière qui s’est levée il y a trois décennies ne faiblit pas. Elle continue de se refléter dans chaque pont franchi par un agriculteur, dans chaque enfant qui prend le chemin de l’école et dans chaque famille vivant désormais dans un logement décent. Nous tenons à saluer l’engagement indéfectible de RDF et de la Police Nationale du Rwanda (RNP). Leur dévouement pour la sécurité de nos concitoyens et sa contribution majeure à la paix mondiale font aujourd’hui la fierté du Rwanda.
Le rôle des RDF et de la RNP dans le développement montre une vérité simple: un pays fort est un pays dont chaque citoyen, quel que soit son district, ressent la protection et le soutien de son gouvernement. En unissant la force de l’uniforme à la volonté de bâtir, le Rwanda ne se contente pas de se souvenir de son passé: il façonne, avec une rigueur des instances sécuritaires et une empathie citoyenne, le visage de son avenir et du reste du monde.
Béatrice Mukamurigo



































































