L’Office rwandais des mines, du pétrole et du gaz (RMB) a exhorté les sociétés minières à renforcer les mesures de sécurité en prévision de fortes pluies annoncées. C’est afin de prévenir les accidents mortels sur les sites miniers.
Selon un communiqué de RMB, ces mesures comprennent notamment la couverture des puits de mine, la réalisation d’inspections de sécurité quotidiennes avant le début du travail, la fourniture d’équipements de protection aux travailleurs et l’obligation pour chaque mine souterraine de disposer d’au moins deux issues de secours. Il a été ordonné aux mines ne disposant pas de deux issues de suspendre leurs activités.
RMB donne ces instructions au moment où le service météorologique du Rwanda (Météo Rwanda) a émis une alerte majeure prévoyant des précipitations supérieures à la normale pour la saison des pluies de septembre à décembre de cette année 2026.

’’ Après une période de sécheresse et de chaleur intense, le pays s’apprête à faire face à des volumes de pluie exceptionnels dus aux fluctuations des températures océaniques et à l’influence du phénomène El Niño’’, a annoncé Météo Rwanda.
Ces instructions ont été données après le constat que l’exploitation minière illégale cause régulièrement des accidents mortels au Rwanda. C’est un problème majeur que les autorités tentent de freiner par des sanctions sévères et des appels à la vigilance.
Ces accidents touchent principalement de jeunes mineurs artisanaux qui s’introduisent clandestinement dans des concessions.

Un rapport du Parlement rwandais a recensé 1.335 cas d’extraction illégale de minéraux sur une période récente, impliquant majoritairement des jeunes de 18 à 30 ans. Cette exploitation minière illégale a déjà causé des drames dont les plus récents.
En août 2026 dans le district de Musanze, six femmes ont perdu la vie dans l’effondrement d’une carrière de terre exploitée illégalement dans le secteur de Gataraga. En juin 2026 dans le district de Ngororero, quatre personnes ont été tuées sur le coup après l’éboulement d’une galerie alors qu’elles tentaient d’extraire illégalement du coltan sur un site appartenant à une entreprise licenciée.
En avril 2023 dans le district de Huye, l’effondrement d’une mine clandestine de quartzite à 60-80 mètres de profondeur a piégé six mineurs artisanaux, entraînant l’arrestation de dix personnes (dont des leaders locaux) pour homicide involontaire et complicité.

Les facteurs principaux de ces accidents sont notamment l’intrusion nocturne et clandestine. De nombreux accidents mortels se produisent la nuit. Les mineurs illégaux attendent le départ des agents de sécurité pour pénétrer dans des concessions privées ou des sites officiellement fermés pour cause de non-conformité.
Un autre facteur est le manque d’équipements et de compétences. Ces exploitants travaillent sans casques, sans masques, et ne possèdent pas les connaissances géologiques nécessaires pour évaluer la stabilité des sols. Les conditions météorologiques jouent également un rôle majeur. Les fortes pluies fragilisent les falaises et les galeries artisanales, provoquant de violents glissements de terrain et des effondrements.
La réponse des autorités
Face à ce fléau, la Police nationale (RNP) a durci le ton. La législation rwandaise punit désormais l’exploitation minière ou de carrière sans licence d’une peine de 2 à 5 ans de prison et d’une amende pouvant aller jusqu’à 50 millions de Frw. De plus, l’Etat fait face au défi de réhabiliter près de 994 concessions minières inactives ou abandonnées à travers le pays pour éviter qu’elles ne soient ciblées par des mineurs clandestins.
L’Office rwandais des mines, du pétrole et du gaz (RMB) émet régulièrement des alertes strictes à l’approche des saisons pluvieuses.
Vital Ndayambaje



































































