L’auteure du livre’’ left to tell’’ ou laissée pour raconter, immaculée Iribagiza, exhorte les rescapés du génocide commis contre lesTutsi à raconter leur histoire vécue pour pouvoir guérir des blessures leur laissées par le génocide de 1994. Elle s’exprimait ce lundi lors d’un café littéraire organisé au mémorial de génocide de Gisozi dans la ville de Kigali.
”Left to tell” est un petit livre de 300 pages. Il raconte l’histoire miraculeuse de survie d’Immaculée Iribagiza au génocide commis contre les Tutsi en 1994.
Toute sa famille a été brutalement assassinée. Incroyablement, Immaculée a survécu à ce massacre.

Pendant 91 jours, elle et sept autres femmes se sont blotties silencieusement les unes contre les autres dans les toilettes exiguës d’un pasteur local tandis que des centaines de tueurs armés de machettes les pourchassaient.
” C’est au cours de ces heures interminables de terreur indescriptible que j’ai découvert le pouvoir de la prière, me débarrassant finalement de la peur de la mort et forgeant une relation profonde et durable avec Dieu. J’ai découvert aussi le sens de l’amour véritablement inconditionnel, un amour si fort qu’il était capable de rechercher et de pardonner aux assassins de ma famille’’, a-t-elle expliqué.
Immaculée Iribagiza a saisi l’occasion pour demander à toute personne dont la vie a été secouée par le génocide à raconter pour guérir de ses blessures psychologiques.
” Mon histoire triomphale du voyage remarquable à travers les ténèbres du génocide inspirera tous ceux dont la vie a été touchée par la peur, la souffrance et la perte’’, a-t-elle déclaré. Mais pour ce faire, a-t-elle ajouté, il faut raconter et surtout écrire pour aider les autres à guérir de leurs blessures.
Dans ce livre captivant et inspirant, Immaculée Iribagiza montre comment adopter le pouvoir de la prière, forger une relation profonde et durable avec Dieu et découvrir l’importance du pardon.
En 1994, Iribagiza, originaire de Rubengera, dans l’actuel district de Karongi avait 22 ans et rentrait de l’université pour passer les vacances de Pâques avec sa famille lorsque le génocide fut déclenché. Sa famille fut toute décimée. Elle vit aujourd’hui à New York aux Etats-Unis. Elle a déjà écrit 12 livres dont left to tell.

Le récit saisissant de son expérience va dans deux sens. D’abord la description du mal qui a été perpétré, y compris les meurtres brutaux des membres de sa famille, ensuite l’histoire de sa foi inextinguible et de sa connexion avec Dieu tout au long de l’épreuve.
Selon l’auteur, ce livre est un ajout précieux à la littérature qui tente de donner un sens à la dépravation apparemment sans fond de l’humanité et à contrebalancer l’espoir en un Dieu tout-puissant et aimant.
Selon toujours Immaculée Iribagiza, ce petit bouquin traduit en 42 langues pourrait contribuer à la réconciliation et la résilience des Rwandais
Le café littéraire organisé ce lundi s’inscrit dans le cadre des activités menées dans cette période 100 jours de deuil national, en la mémoire des victimes du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda.
Vital Ndayambaje



































































