La Commission Nationale Rwandaise pour l’UNESCO (CNRU) entend renforcer le rôle de l’éducation en vue d’un engagement actif dans l’histoire du génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda. Cette indication a été faite ce mercredi lors du lancement du dialogue national sur la mémoire du génocide à travers l’éducation.
En procédant au lancement officiel de ce dialogue national de 2 jours, le secrétaire général de la Commission Nationale Rwandaise pour l’UNESCO, Albert Mutesa, a insisté sur le rôle de l’éducation dans la prévention des conflits et du génocide.
” Renforcer les connaissances et les compétences qui contribuent à la prévention des conflits, est la meilleure façon de prévenir le génocide. L’éducation est essentielle à cet égard, en particulier le programme mondial de l’UNESCO sur la citoyenneté mondiale et l’éducation à la paix, notamment son projet spécifique sur le traitement des passés violents par l’éducation’’, a déclaré Albert Mutesa.

De son côté, le conseiller technique au ministère de l’éducation, Pascal Gatabazi, a rappelé que le génocide commis contre les Tutsi au Rwanda a été le résultat d’une mauvaise éducation inculquée aux Rwandais pendant longtemps. La guérison, a-t-il dit, doit passer par un chemin inverse.
” L’éducation dispensée aux Rwandais pendant longtemps était à l’envers. Nous devons aujourd’hui remettre cette éducation à l’endroit. Les erreurs commises lors de ce long processus éducatif doivent être corrigées en passant par un chemin inverse. Le processus est déjà en cours et profite surtout aux jeunes générations, et nous espérons ne plus voir de génocide au Rwanda’’, a indiqué Pascal Gatabazi.

Le président de l’Association de défense des droits des rescapés du génocide IBUKA et professeur d’Histoire à l’Université du Rwanda, Dr. Philbert Gakwenzire, a parlé de l’importance d’avoir intégré 4 mémoriaux du génocide contre les Tutsi au Rwanda dans le patrimoine mondial de l’UNESCO.
” L’intégration de ces mémoriaux dans le patrimoine mondial de l’UNESCO revêt une importance capitale dans la prévention du génocide au Rwanda et ailleurs dans le monde. Ces mémoriaux constituent un excellent matériel didactique enseigné dans le monde entier. Ils jouent également un rôle important dans l’arrêt de la propagation des idées négationnistes du génocide’’, a souligné le président d’IBUKA.

Dr. Philbert Gakwenzire a donné l’exemple du mémorial du génocide de Nyamata, représentant les églises transformées en abattoirs humains pendant le génocide, et devenues aujourd’hui des mémoriaux du génocide.
” Dans l’église de Nyamata, au Bugesera, 50.000 personnes qui y avaient cherché refuge ont été massacrées en une journée. Le bâtiment a été transformé en mémorial représentatif d’autres églises dans lesquelles sont mortes les victimes du génocide”, a-t-il affirmé. Il a ajouté que tout cela constitue de l’histoire à enseigner aux jeunes générations en vue de prévenir d’autres génocides.
Ce dialogue national sur la mémoire du génocide a été organisé par la Commission Nationale Rwandaise pour l’UNESCO (CNRU) en collaboration avec l’UNESCO, le ministère de l’unité nationale et de l’engagement civique (MINUBUMWE) et AEGIS-Trust.

Il a été l’occasion d’engager des conversations importantes sur le rôle de l’éducation, du dialogue et de la culture pour maintenir l’histoire du génocide contre les Tutsi au Rwanda, pour préserver sa mémoire, et pour empêcher la diffusion de récits cherchant à remettre en question ou à déformer l’histoire du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda.
Vital Ndayambaje




































































