Depuis l’avènement du régime actuel à Kinshasa, les Congolais sont abreuvés des mêmes slogans et promesses de rupture: création d’emplois, éradication des groupes armés, lutte implacable contre la corruption et baisse du coût de la vie.
Pourtant, pour la majorité de la population de la République Démocratique du Congo, la réalité quotidienne sous la présidence de Félix Tshisekedi reste marquée par une régression sociale et économique sans précédent, contrastant cruellement avec les fastes de la classe dirigeante.
A l’Est du pays, notamment au Nord-Kivu et en Ituri, l’insécurité chronique a été exacerbée par l’instauration, depuis mai 2021, d’un état de siège inefficace qui a militarisé l’administration sans protéger les civils.
Des millions de citoyens s’entassent dans des champs de déplacés, tandis que le gouvernement sous-traite la sécurité nationale à des coalitions de milices locales, les Wazalendo, ainsi qu’aux forces génocidaires des FDLR, intégrées de facto au sein des FARDC (Forces Armées de la RDC).
Cette violence d’Etat par procuration condamne les communautés à vivre dans une peur perpétuelle et éloigne durablement toute perspective de paix régionale.
Pendant ce temps, à travers le pays, une jeunesse diplômée et dynamique est abandonnée au chômage de masse, regardant impuissante le pillage des immenses ressources minières de la nation.
La corruption systémique, érigée en mode de gouvernance, demeure le principal obstacle au développement du pays,. Des scandales financiers à répétition, tels que l’affaire des forages d’eau et des lampadaires surfacturés impliquant des ministres et des proches du pouvoir, démontrent l’impunité totale dont jouit l’entourage présidentiel.
Chaque million de dollars détourné dans les bureaux climatisés de Kinshasa est une école non construite à Mbuji-Mayi, une route non réhabilitée au Bandundu, ou un hôpital sans équipements à Kisangani.
Les citoyens ont le droit légitime de se demander pourquoi un pays au potentiel géologique et hydrographique si immense ne parvient pas à assurer les besoins de base les plus élémentaires.
L’indice des prix à la consommation à Kinshasa a enregistré une hausse spectaculaire, portée par la dépréciation continue du Franc Congolais face au Dollar américain, asphyxiant le pouvoir d’achat des ménages dépendants des produits importés.
Les infrastructures nationales se trouvent dans un état de délabrement avancé
La route nationale RN1 reste un calvaire pour les transporteurs, bloquant les échanges économiques essentiels entre les provinces et la capitale.
Malgré les promesses de grands chantiers, l’accès à l’eau potable et à l’électricité demeure un luxe pour la majorité des familles congolaises.
Face à ce naufrage managérial, une question s’impose: les institutions de la République servent-elles véritablement les intérêts du peuple ou sont-elles uniquement mobilisées pour des calculs politiciens ?
Les récentes manœuvres visant à modifier la Constitution ou à prolonger indûment les mandats démontrent que la préservation du pouvoir reste la priorité absolue d’une oligarchie déconnectée des réalités de la rue.
La légitimité démocratique ne se mesure pas à l’appareil de propagande ou aux promesses de campagne, mais à la redevabilité et aux résultats.
Les Congolais ne réclament pas des miracles; ils exigent des institutions judiciaires indépendantes qui condamnent les pilleurs de la République, une armée professionnelle débarrassée de ses éléments criminels, et un climat des affaires transparent pour créer des opportunités économiques.
Agasaro Jessica



































































