L’avocat de Félicien Kabuga, Emmanuel Altit, se retire du dossier de son client avant le procès au fond. Il aurait voulu éviter de perdre sa renommée après avoir gagné le procès de Laurent Gbagbo.
Maitre Emmanuel Altit, avocat de renom, familier avec la Cour Pénale Internationale, préfère se retirer du dossier de son client Félicien Kabuga. Les raisons d’une telle décision sont généralement liées au serment de l’avocat.
« Un avocat peut décider de se retirer du dossier quand il trouve soudainement que les prétentions de son client sont contraires au serment qu’il a prêté lors de son admission dans l’ordre des avocats, » affirme Maitre (Me) Laurent Nkongoli.
Concernant le cas de Félicien Kabuga, Me Laurent Nkongoli qui s’intéresse souvent aux dossiers pénaux, parle d’un problème de conscience. « Si dans son âme et conscience, un avocat se rend compte que son client use de mensonge, il peut se retirer du dossier à n’importe quel moment, » souligne Me Nkongoli. « Et dans 80% des cas, c’est la seule raison qui est à l’origine d’une telle décision de la part d’un avocat, » dit-il.
Parfois lorsqu’un avocat se rend compte qu’il risque de perdre son procès, il propose à son client de plaider coupable. « Emmanuel Altit ne pouvait pas se retirer du dossier si Félicien Kabuga avait accepté de plaider coupable, » analyse Nkongoli.

Selon Me Laurent Nkongoli, le problème d’argent ne pouvait pas se poser. « Félicien Kabuga ne peut pas manquer d’argent pour payer les honoraires. De plus, il existe des fonds pour que tout prévenu puisse bénéficier du droit à la défense, » balaye-t-il d’un coup de revers ce motif.
Pour Me Laurent Nkongoli, l’avocat de Félicien Kabuga n’a pas voulu se ridiculiser face à un procès où les chances de gagner sont invisibles.
Selon l’acte d’accusation de Félicien Kabuga, il est accusé de génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide, tentative de génocide, entente en vue de commettre le génocide, persécution et extermination, constitutives de crime contre l’humanité, commis au Rwanda en 1994.
Le prévenu Félicien Kabuga a été arrêté par les forces de l’ordre françaises le 16 mai 2020 près de Paris après 26 ans en cavale. Il a été transféré à La Haye le 26 octobre 2020, pour être jugé par le Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux Pénaux.
Gérard Rugambwa




































































