La directrice de Afrimedia Ltd, Solange Ayanone, c’est avant tout une femme journaliste, résiliente. En sa qualité de mère d’enfants, d’épouse, et de surcroit de journaliste, elle a dû surmonter beaucoup de difficultés, sans jeter l’éponge. La passion pour son travail lui a permis d’aller toujours de l’avant.
Associer la responsabilité de femme et celle de journaliste, selon elle, c’est impossible. « Quand j’ai commencé mon travail à la Radio Rwanda, la même année je me suis mariée. Ce n’est pas facile pour une femme, » dit-elle. « Les difficultés qu’une femme journaliste doit surmonter sont vraiment énormes, » révèle-t-elle. Il faut travailler jusque tard dans la nuit, parfois se réveiller très tôt ou alors passer son week end devant le micro. « Lorsque l’on rentre à 23 heures, si la ménagère ou l’homme de ménage n’a pas bien fait la cuisine, vous avez à fournir des explications à votre mari alors que vous n’étiez pas à la maison, » montre-t-elle la difficulté à marier la vie professionnelle aux responsabilités familiales en tant que femme. « Il faut de la persévérance, » souligne-t-elle.
Solange Ayanone, est une femme qui aime bien être avec ses quatre enfants en famille, être avec son mari à la maison et discuter avec lui. Cependant le travail de journaliste ne lui a pas souvent donné l’occasion de vivre ces moments qu’elle adore. Heureusement que son mari n’a jamais été un obstacle pour elle. « J’ai toujours eu l’appui de mon mari parce qu’il me donnait la liberté d’aller sur terrain et y passer jusqu’à trois jours, » affirme-t-elle.
Une femme brave malgré des frustrations professionnelles…
Solange Ayanone n’apprécie pas que l’on confie aux femmes journalistes « le travail de femme. » « Quand une femme est engagée en qualité de journaliste, on lui donne des tâches autour de la société, on dit que la politique c’est pour les hommes, » regrette-t-elle. « Moi je m’imposais, » signale-t-elle. « C’est vraiment un défi lorsque l’on vous considère comme une femme, quelqu’une sans force, une personne faite pour le travail léger, pas pour des sujets très forts comme l’économie, la politique, même le sport c’était pour les hommes, » exprime-t-elle certaines de ses frustrations.
Elle se rappelle avoir présenté des émissions sur la politique mais chaque fois on lui reprochait de couper la parole aux hommes. Quand c’était un collègue de sexe masculin qui agissait comme elle, le même comportement était plutôt accepté.

Selon Solange Ayanone, pour une femme ce n’est pas aussi possible de bénéficier d’une promotion, d’occuper des postes de responsabilité quand vous êtes une femme. « Vous entrez avec un homme, vous le voyez avancer parce qu’on considère que ce métier est fait pour les hommes, et non pas pour les femmes, » confie-t-elle. C’est à la femme de prouver le contraire !
Les postes de correspondant de Radio-Rwanda dans les provinces étaient réservés aux hommes. Quand une opportunité s’est présentée à Musanze (Ruhengeri à l’époque), elle a demandé qu’on lui donne une chance pour trois mois, malgré sa grossesse. Elle s’est confirmée comme une bonne correspondante régionale et c’était parti pour les autres femmes.
Solange veut que la femme soit compétitive sur le marché de l’emploi. Elle doit lire, participer à des formations pour enrichir ses connaissances. Bientôt, cette brave dame décroche son master en projets de développement. C’est une femme qui travaille beaucoup. « Bosseuse !» Elle est souvent absente à la maison, mais lorsqu’elle a l’opportunité d’y rester, elle montre sa présence. « Quand je suis à la maison, je fais la cuisine. J’essaie de satisfaire mon mari et mes enfants, » tente-t-elle d’établir un équilibre entre le travail et la famille.
A plus de dix ans avant sa retraite, elle veut vieillir dans l’hôtellerie. Elle dispose d’un bagage intellectuel suffisant dans la gestion hôtelière et s’apprête, le moment venu, à embrasser cette carrière.
A suivre
Gérard Rugambwa


































































