Autour du camp des réfugiés burundais de Mahama, la population bénéficiaire du projet de résilience initié par la Croix Rouge Rwandaise (CRR), exprime sa reconnaissance envers le Chef de l’Etat Paul Kagame et cette organisation auxiliaire de l’Etat. Le processus de transformation sociale fait son bonhomme de chemin.
Domitille Nyiramisago, une femme rwandaise du secteur Mahama, dans le district de Kirehe souhaite des bénédictions à la CRR pour son appui dans la lutte contre la pauvreté.
« La CRR m’a offert une vache pour m’aider à sortir de la pauvreté. Celle-ci a mis bas. J’ai un taurillon. Nous buvons du lait en famille et j’en offre aux voisins. Les deux bovins me donnent du fumier qui me sert à augmenter la production agricole. Nos conditions de vie se sont améliorées. Que Dieu bénisse la CRR, » dit-elle toute satisfaite.

Ce n’est pas un cas isolé. Félicien Nshimiyimana est parmi les bénéficiaires qui progressent bien dans le processus de transformation sociale.
« La CRR m’a donné une vache. Elle produit 8 litres de lait par jour. Les enfants en consomment. Les voisins également. Je trouve un surplus à vendre qui m’a permis d’acheter 8 caprins. Un embryon de bananier a germé. Je mange du maïs. J’ai acheté un porc qui m’a procuré 5 porcins. Ma vache est pour la deuxième fois en gestation. Allez transmettre à la CRR et au Chef de l’Etat mon message de remerciement, » exprime-t-il sa reconnaissance. Il promet prochainement d’offrir aussi à un vulnérable une génisse pour joindre le geste à la parole.
Ces bénéficiaires de ce projet, et beaucoup d’autres dans ce secteur tout à fait rural, habitent des maisons éclairées à l’électricité.

La coopérative « Ubumwe » favorise la cohabitation…
Les réfugiés burundais et la communauté d’accueil de Mahama vivent en symbiose grâce à une coopérative d’agriculteurs nommée « Ubumwe » (unité).
Sylvestre Sebanani, réfugié burundais à Mahama depuis 2015, apprécie bien la création de cette coopérative « Ubumwe » où ils travaillent avec les Rwandais.
« Avant la création de la coopérative, il y avait une méfiance envers les réfugiés que nous sommes, » affirme-t-il. « Travailler avec des membres de la communauté d’accueil nous a permis de faire connaissance et de tisser des liens, » ajoute-t-il.

Argentine Nikunze, de nationalité rwandaise, reconnait également le rôle positif joué par la CRR à travers ce projet de résilience. « Depuis que nous avons fait connaissance, nous sommes unis. Nous les visitons dans leur camp et ils viennent également dans nos familles, » témoigne-t-elle.
Cette coopérative leur permet aussi d’épargner et de trouver de quoi mettre sous la dent. « Nous sommes 182 membres. Nous avons bénéficié de l’appui de CRR qui nous a acheté 5 hectares de terre cultivable, des semences, des houes, des bottes, des sacs pour le stockage, une maison pour le stockage, » affirme le président de cette coopérative, Emmanuel Shyirahayo.
La coopérative c’est également la production agricole
Les réfugiés burundais et certains membres de la communauté d’accueil membres de cette coopérative « Ubumwe » ont commencé à tirer profit du soutien de la CRR en cultivant.
« Lors de la saison A, nous avons récolté 2,5 tonnes, pour la saison B, la production s’est élevée à 3,5 tonnes. Maintenant chaque membre a déjà une part sociale comprise entre 10.000 et 12.100 francs rwandais. Chacun avait donné une contribution de 2000 frws pour montrer son engagement, » révèle le président de la coopérative Emmanuel Shyirahayo.

Sylvestre Sebanani, réfugié burundais de Mahama, montre aussi combien cette coopérative leur est utile. « Dernièrement l’enveloppe attribuée aux réfugiés par le HCR pour l’achat des vivres a été réduite. Notre demande a été entendue. Chaque membre a obtenu 22 kilos de maïs de nos récoltes. Quand je suis arrivé à la maison, les enfants ont été très contents, » explique-t-il.
« Dernièrement, après la récolte, chaque membre a reçu des maïs. Pour nous qui avions laissé nos époux à la maison, ils ont bien apprécié notre contribution pour le bien-être familial, » confirme Argentine Nikuze l’intérêt d’appartenir à cette coopérative.
Les Burundais membres qui rentrent dans leur pays, reçoivent leur part social avant leur départ.
Deux autres coopératives ont été appuyées par la CRR
Deux autres coopératives, une agricole et une autre d’élevage ont été créées avec le soutien de la CRR. « Dans le cadre d’aider les vulnérables à lutter contre la pauvreté, dans la communauté d’accueil du camp de Mahama, trois coopératives ont été créées. Deux sont agricoles. Nous leur avons acheté 12 hectares d’une valeur de 48 millions. La coopérative d’éleveurs a reçu 150 caprins, » révèle Jeanne d’Arc Muhawenimana, présidente de la CRR dans la province de l’Est. Elle ajoute que dans différents villages de Mahama, 130 bovins ont été distribués. Des maisons ont été construites et d’autres réhabilitées pour différentes catégories de vulnérables.

Selon le président de la CRR dans le district de Kirehe, Vincent Nshimiye, dans tout le district, six maisons ont été construites et six autres réhabilitées pour les rescapés depuis 2019. Avant, en 2009, 420 maisons avaient été construites en faveur des Rwandais chassés de la Tanzanie.
« Ici c’était la brousse. Toutes ces maisons ont été construites par la CRR. Nos enfants et nos épouses ont été réconfortés. Nous sommes reconnaissants envers le Chef de l’Etat et la CRR, » a déclaré Livingston Kagingi.
Gérard Rugambwa



































































