Le ministre de l’unité nationale et de l’engagement civique, Dr. Jean Damascène Bizimana, a mis en garde contre la mauvaise politique qui est une alimentation favorite du génocide et son idéologie. Il s’exprimait ce dimanche lors de la clôture de la semaine du deuil national en la mémoire des victimes du génocide commis contre les Tutsi en 1994.
Selon le ministre Bizimana, la mauvaise politique véhiculée par les mauvais politiciens a été à la base de la planification et l’exécution du génocide. Aujourd’hui, elle en est à sa négation.
” Dans ces jours on voit une vague de mauvais politiciens dont les noms sont bien connus dans l’ancienne politique rwandaise. Ils ont constaté que le déni du génocide n’est plus possible car il a été indéniablement reconnu au niveau international. Ils ont alors inventé un autre mensonge sur le jeu de chiffres visant à minimiser le génocide’’, a déploré le ministre Bizimana.
Parmi ces gens qu’il qualifie de mauvais politiciens, le ministre Bizimana a pointé du doigt l’ancien ambassadeur du Rwanda en France, Jean Marie Vianney Ndagijimana.

” Celui-ci nie souvent le génocide contre les Tutsi, affirmant notamment qu’il n’a pas coûté la vie à plus d’un million de personnes en 100 jours. Il propage ces rumeurs et les fait circuler, tant dans ses écrits que dans ses discours lors de diverses réunions’’, a encore déploré le ministre Bizimana.
Il a ajouté que ce que Ndagijimana dit, c’est qu’il n’y a jamais eu de recensement ayant montré ce chiffre, et cela, a-t-il dit, c’est un mensonge.
” Le recensement des victimes du génocide a été effectué par le ministère de l’administration locale (MINALOC) en 2000. Il a montré, avec les noms à l’appui, que le nombre de Tutsi tués lors du génocide étaient de 1.074.047. Par la suite, d’autres ont été trouvés grâce aux informations obtenues auprès des juridictions Gacaca et d’autres recherches’’, a-t-il expliqué.
Le ministre Bizimana a montré que cette question des statistiques que soulèvent souvent ceux qui minimisent le génocide contre les Tutsi est sans fondement.

” Tout d’abord, le génocide ne se caractérise pas par le nombre de personnes tuées, il se caractérise par un plan minutieux pour tuer un groupe, une catégorie de personnes en raison de leur appartenance ethnique. Les Tutsi ont été tués sur la base d’un plan pour les exterminer’’, a-t-il souligné.
Le ministre Bizimana a cité un autre politicien de même acabit. Il s’agit de Pascal Ndengejeho, ancien ministre rwandais de l’information entre 1992 et 1993. Celui-ci, a-t-il dit, se fait passer pour un défenseur des droits de l’homme, mais en réalité il est négationniste et déformateur du génocide contre les Tutsi.
Le ministre Bizimana a rappelé que lors de son témoignage à décharge à Arusha dans le procès de l’ancien bourgmestre Laurent Semanza, Pascal Ndengejeho a déclaré que depuis les années 1959, les Tutsi ont été à l’origine des troubles meurtriers qu’a connus le pays.
” Ce mensonge revient souvent sur les lèvres de ces politiciens. Prendre les victimes pour les auteurs de leur mort et innocenter les criminels, et Ndengejeho n’a pas eu honte de dire que le génocide a été une réaction spontanée de légitime défense de la population’’, s’est-il encore indigné.

Le ministre Bizimana a donné d’autres exemples de ces mauvais politiciens. Il s’agit notamment de Ferdinand Nahimana, Vincent Ntezimana, Eugène Rwamucyo, Sosthène Munyemana, Maniragaba Baributsa, Charles Ndereyehe, et bien d’autres.
Le ministre Bizimana a loué la bravoure de bons politiciens ayant pris la bonne direction de lutter pour le bien de tous les Rwandais sans distinction aucune, au risque de perdre leur vie.
Ce 13 avril marquait le 31ème anniversaire de l’assassinat de ces hommes politiciens qui ont lutté contre le génocide contre les Tutsi. Ils reposent en paix et dignement au mémorial de Rebero.
Vital Ndayambaje




































































