Le Conseil Protestant du Rwanda (CPR) vient de remettre des certificats de niveau international à 23 thérapeutes formés en psycho-traumatologie. Ils devront intervenir quotidiennement face au problème de traumatisme au Rwanda.
A la veille de la commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, le Conseil Protestant au Rwanda (CPR) vient de clôturer solennellement une formation en psycho-traumatologie de plus de deux ans en faveur de 23 thérapeutes.

” Cette formation est d’importance capitale dans un pays ayant connu le génocide contre les Tutsi en 1994. Les compétences sur la santé mentale sont vraiment nécessaires dans la société rwandaise, surtout à la veille de la commémoration du génocide contre les Tutsi de 1994,” déclare Monseigneur Samuel Kayinamura, président du CPR.
Pendant le mois d’avril et après durant les 100 jours de mémoire, le nombre de traumatisés est généralement en hausse. Ils pourront aider dans le counselling des traumatisés de génocide, et même pour les autres cas dus aux conflits familiaux.
Certaines des personnes formées reconnaissent la qualité de leur formation. Ils affirment être prêts à se servir du savoir-faire acquis pour faire face au traumatisme.
” Nous sommes heureux de recevoir des certificats après deux ans de formation. Nous retournons à nos postes de travail engagés à aider spécialement les personnes traumatisées. Nous devons également partager nos connaissances avec nos collègues en vue de servir un nombre plus important de patients,” indique Umukundwa Jeanine du centre de santé de Hanika, dans le district de Nyanza.
Selon Faustin Serihamye, les compétences acquises sont opportunes car la plupart de patients connaissent des problèmes de santé mentale.
” Nous avons appris beaucoup de techniques d’intervention face aux cas relatifs à la santé mentale tels que le stress et la dépression. Certains tentent de se suicider… Tout ce monde-là a besoin de nos services. Nous sommes bien outillés pour les aider,” dit-il.

Le Centre Biomédical du Rwanda (RBC) indique d’une personne sur cinq souffre d’un problème de santé mentale.
” La santé mentale est un défi réel dans le pays. C’est pour cette raison que nous sommes reconnaissants envers le Conseil Protestant du Rwanda (CPR) pour sa contribution dans la formation des professionnels en santé mentale,” reconnait Emmanuel Hakomeza de RBC.

” Le nombre de malades est élevé, mais ceux qui se font soignés restent relativement peu nombreux. Nous comptons sur ceux qui terminent leur formation pour intervenir surtout pendant la période de commémoration où les cas de traumatisme augmentent,” explique-t-il.
Selon Dr. Darius Gishoma, chef de division de la santé mentale, au Centre Biomédical du Rwanda, pendant la semaine de commémoration en 2025, 2088 cas de traumatisme dus au génocide contre les Tutsi ont été traités. Parmi eux, 85%-90% sont ceux âgés de plus de 34 ans. Les individus de moins de 30 ans représentent 10% de la population.

Dr. Wolfgang Woller Bonn, spécialiste allemand en santé mentale, montre que le traumatisme peut se transmettre de manière transgénérationnelle s’il n’ y a aucune intervention. Dans un pays comme le Rwanda, il est nécessaire d’avoir des ressources humaines bien formées pour faire face au traumatisme.
Gérard Rugambwa




































































