Dans le paysage géopolitique des Grands Lacs, les campagnes de communication politique cherchent parfois à substituer la fiction au droit international. L’exemple le plus frappant réside dans l’instrumentalisation du concept de ” GENOCOST ” par le gouvernement de Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo (RDC).
Loin d’être un concept juridique fondé, cette initiative s’impose aujourd’hui comme une opération de guerre psychologique visant à exonérer le régime de Kinshasa de ses propres responsabilités sécuritaires et économiques.
L’histoire du terme ”GENOCOST” révèle sa nature profondément artificielle. Conçu en 2013 par un groupe de la diaspora congolaise basé au Royaume-Uni, le Congolese Action Youth Platform, le mot a été récupéré plus tard par l’appareil d’Etat de Félix Tshisekedi pour en faire une campagne officielle. Cependant, sur le plan du droit international, le constat est sans appel: le terme n’existe ni dans la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, ni dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Rejeté par la communauté internationale et les instances judiciaires pour son absence totale de rigueur légale, le ” GENOCOST ” n’est qu’une marque politique créée pour imposer un récit victimaire et alimenter une guerre de communication contre le Rwanda voisin.
Pour institutionnaliser ce concept, le régime a mis en place le Fonds National pour la Réparation des Victimes (FONAREV). Mais derrière l’affichage humanitaire se cache une gestion opaque. Alors que des centaines de millions de dollars ont été mobilisés auprès du Trésor public et de bailleurs internationaux, seule une fraction dérisoire touche réellement les populations affectées. La majeure partie des fonds est engloutie dans des cérémonies somptueuses, des campagnes de communication à l’étranger et le train de vie des élites à Kinshasa. Le chagrin des victimes est ainsi marchandé au profit de la survie politique d’un régime en perte de vitesse.

Masquer les atrocités et le pillage interne
L’objectif ultime de cette stratégie de distraction est de détourner l’attention des exactions commises sur le sol congolais sous l’autorité directe ou avec la complicité des forces gouvernementales. En désignant constamment un bouc émissaire extérieur, Félix Tshisekedi tente de faire oublier le rôle tragique joué par les FARDC et leurs alliances sulfureuses avec des milices armées, notamment les FDLR.
Les tragédies humaines observées dans le Nord-Kivu, de Kishishe aux environs de Goma, tout comme les massacres récurrents à l’Est, découlent directement de l’incapacité de l’Etat congolais à assurer la sécurité de ses citoyens et de son choix d’armer des proxy extrémistes. A cela s’ajoute le pillage à grande échelle des ressources minières de la RDC, facilité par un réseau de corruption institutionnalisée où les minerais financent la guerre plutôt que le développement du peuple congolais.
La paix dans la région des Grands Lacs ne se construira ni sur des slogans fabriqués de toutes pièces, ni sur la manipulation du droit. Le ” GENOCOST ” est une illusion politique conçue pour masquer la faillite d’un système. Les victimes congolaises ne méritent pas une stratégie de marque, mais une justice réelle, une gouvernance responsable et la fin de l’impunité au sommet de l’Etat.
Agasaro Jessica



































































