Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, se trouve dans les mains de la justice où il est poursuivi avec deux de ses co-accusés pour détournement de plus de 50 millions de dollars et une affaire de corruption.
Il a comparu devant le Tribunal de Grande Instance de Gombe, une des communes de la Ville de Kinshasa ce 11 mai, par téléconférence. Vital Kamerhe et ses co-accusés Samih Jamaal et Jeannot Muhima Ndoole n’ont pas quitté la prison de Makale où ils sont hébergés par la justice congolaise.
Il est poursuivi pour détournement des deniers publics et faits de corruption dans l’affaire du programme de 100 jours du président Félix Tshisekedi. Dans ce dossier, Samih Jamaal, un homme d’affaires libanais et Jeannot Muhima Ndoole, chef de division à la présidence de la république chargé d’import-export sont également impliqués.
Samih Jamaal aurait graissé la patte à Vital Kamerhe pour obtenir un marché public de construction des maisons préfabriquées dans le cadre du programme de 100 jours du Chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi. Il aurait cédé une concession à Mont-Ngaliema.
Le nom de Soraya Mpiyana, sa belle-fille, est revenu à maintes reprises, comme intermédiaire entre les co-accusés.

Vital Kamerhe plaide non coupable
Aux questions posées par le tribunal, Vital Kamerhe a déclaré « n’avoir jamais rencontré Samih Jamaal. » Il a également affirmé « n’avoir jamais vu Muhima Jeannot, » chef de division à la présidence de la république. Samih Jamaal a aussi tout nié. Cependant Jeannot Muhima Ndoole affirme avoir agi sous l’autorité du directeur de cabinet. Il déclare s’être rendu à Dar es salaam en mission de travail pour récupérer les containers des maisons préfabriquées. Il avait reçu un million cent cinquante-quatre mille huit cents dollars américains (1.154. 800 $) . « Nous avons ramené la moitié des marchandises et tout ce montant a été utilisé, » dit-il.
Vital Kamerhe réplique qu’il n’était pas le seul superviseur du programme de 100 jours du président Félix Tshisekedi.
George Kampiamba, président de l’Association congolaise accès à la justice juge que ce procès constitue un signal fort. « C’est un procès qui implique un des plus proches collaborateurs du président de la République en fonction. Le président n’a pas osé interférer, ce qui constitue un signal fort lancé par le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi pour dire aux magistrats de faire leur travail sans craindre des représailles à caractère politique, » analyse George Kampiamba.
A Bukavu, lieu d’origine de Kamerhe, quartier Nyawera, un homme s’est brulé le jour même du procès pour réclamer la libération de Vital Kamerhe. Ce dernier peut subir une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 20 ans.
Jamais dans l’histoire congolaise de ces deux dernières décennies, un acteur aussi important sur la scène politique ne s’était retrouvé derrière les barreaux pour corruption ou détournement. L’article 15 « débrouillez-vous » était devenu un principe accepté par tous.
Gérard Rugambwa




































































