Chaque semaine, plus de 5000 personnes se rencontrent au marché de Mugera, non loin du camp des réfugiés de Nyabiheke. C’est une opportunité d’acheter pour les uns, de vendre pour les autres. Les conditions de travail ont été améliorées avec le soutien du projet “Jya Mbere”.
Une fois la semaine, les jeudis, les réfugiés congolais du camp de Nyabiheke et les Rwandais de la communauté d’accueil se côtoient, discutent, achètent et vendent différents produits et services au marché de Mugera, Tout le monde est unanime, c’est une opportunité de gagner le pain quotidien.
“Avant il n’ y avait pas de clôture. Certains bâtiments sont récents. Quand il pleuvait, tous les vendeurs rentraient car les clients ne venaient pas, “témoigne Yoboka Idrisse, venu de Masisi en 2005.
” Je suis venu faire la couture dans ce marché car j’ai vu qu’il y avait une opportunité de gagner de l’argent. Je n’avais pas d’emploi,” dit Yoboka.

Aujourd’hui il peut se targuer d’avoir changé d’état civil.” Je me suis marié parce que j’ai constaté qu’ avec mes revenus je pouvais tenir un foyer,” affirme-t-il.
Les réfugiés congolais du camp de Nyabiheke reconnaissent en général le role catalyseur de meilleurs conditions de vie joué par ce marché de Mugera
” Les enfants peuvent manger du riz, ils portent des sandales en plastique. Ils vont à l’école. Les conditions de vie ont changé,” déclare Nyirantebuka Espérance, venue de Murenge, à Fizi. Elle montre cependant qu’ ils ne se suffisent pas encore.
Certains viennent relativement de plus loin, comme Marlène Ntawuhiganayo résidant à Ngarama. Elle est de nationalité rwandaise.

” Les réfugiés congolais lorsqu’ils ont de l’argent, ils viennent nombreux acheter nos produits. Ce sont de bonnes gens,” affirme Ntawuhiganayo, vendeuse de fruits. “Nous sommes en bons termes,” ajoute-t-elle.
Sibomana Hamadi, également rwandais, était cultivateur. Il a investi dans le commerce. Le marché lui a offert d’autres opportunités de gagner des revenus.
“La construction de ce marché nous a été très utile, “indique Sibomana. “Grâce à cette infrastructure, beaucoup de gens ont vu leur conditions de vie s’améliorer,” préfère-t-il généraliser.
Les infrastructures servent les réfugiés et la communauté d’accueil

Le marché de Mugera a permis aux réfugiés de Nyabiheke de trouver un espace pour exercer leurs activités commerciales aussi bien que les nationaux.
” Avec ce marché, nous avons de l’espace pour lancer des initiatives commerciales. Les revenus nous permettent de nous approvisionner en denrées alimentaires et d’acheter des habits pour nos enfants,” signale Nyirantebuka Espérance du camp de Nyabiheke.
Selon elle, avant ils se rendaient timidement sur d’autres sites pour tenter d’initier de petites activités génératrices de revenus. Les réfugiés de Nyabiheke, dans le district de Gatsibo ne cachent pas leur satisfaction pour cette infrastructure où les réfugiés se sentent épanouis.
” Il n’ y a pas d’exclusion, nous sommes très libres. Ce que la population rwandaise peut faire, nous le pouvons également. Personne ne nous empêche d’agir en toute liberté,” déclare Uwajeneza Généreuse du camp de Nyabiheke. Elle est au Rwanda depuis 2008.

La secrétaire exécutive du district de Gatsibo, dans la province de l’Est, Nankunda Jolly, montre que les infrastructures partagées par les réfugiés congolais et la communauté d’accueil sont nombreuses.
Elle cite un projet adduction d’eau, une école secondaire, le projet d’extension de l’hôpital de Ngarama …
” Ces réfugiés sont bien intégrés. Il n’ y a aucune exclusion, aucune stigmatisation. D’ailleurs ils parlent Kinyarwanda. Pour un étranger, il serait très difficile de les distinguer des Rwandais,” explique-t-elle.
La construction de ce marché de Mugera a coûté environ 490 millions de francs rwandais. Elle a été initiée par le projet “Jya Mbere” du ministère en charge de la gestion des désastres (MINEMA) avec le financement de la Banque Mondiale.
Gérard Rugambwa




































































