L’ambassadeur Adonia Ayebare a prêté serment en tant que ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda, apportant avec lui plusieurs décennies d’expertise dans le domaine multilatéral, une expérience de la médiation diplomatique dans des situations à haut risque et une attention particulière portée à la diplomatie économique.
Dans l’après-midi du 11 août 2026, dans les salles historiques du State House d’Entebbe, un moment décisif de l’histoire diplomatique moderne de l’Ouganda a trouvé son dénouement. Le président Yoweri Kaguta Museveni se tenait face à trois ministres nouvellement confirmés, présidant une cérémonie de prestation de serment qui avait nécessité deux mois de préparation. Au cœur de cette cérémonie se trouvait l’ambassadeur Adonia Ayebare, qui a officiellement prêté serment en tant que ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda, mettant ainsi fin à plusieurs semaines d’examen juridique minutieux, de débats constitutionnels et d’attente diplomatique.

A l’issue de la cérémonie de prestation de serment devant le président Yoweli Kaguta Museveni, l’ambassadeur Ayebare, accompagné de ses collègues Shartsi Kutesa Musherure et Juma Witonze Kisekka, a prêté serment en tant que député, achevant ainsi son intégration officielle au sein des pouvoirs exécutif et législatif.
Le parcours qui l’a conduit au poste de ministre des Affaires étrangères a été tout sauf simple. Lorsque le président Museveni a annoncé pour la première fois la composition de son gouvernement, l’ambassadeur Ayebare avait été désigné comme ministre des Affaires étrangères titulaire. Cependant, lors de la cérémonie de prestation de serment du gouvernement le 8 juin 2026, le nom d’Ayebare brillait par son absence sur la liste des ministres.
Ce retard était dû aux garanties constitutionnelles relatives à la double nationalité des hauts fonctionnaires. L’ambassadeur Ayebare détenait la nationalité américaine en plus de sa nationalité ougandaise. En vertu de la législation ougandaise, les personnes nommées à des postes de haute direction doivent faire preuve d’une allégeance exclusive envers l’Etat. La commission des nominations du Parlement a approuvé sa candidature sous condition, lui imposant de renoncer officiellement à sa nationalité américaine avant de prendre la tête de l’appareil diplomatique du pays. Afin d’éviter toute complication juridique ou contestation constitutionnelle ultérieure, le président Museveni a reporté la cérémonie de prestation de serment jusqu’à ce que la procédure de renonciation soit entièrement finalisée et certifiée juridiquement.

Abordant cette question lors de la cérémonie d’Entebbe, le président Museveni a souligné que, si la double nationalité avait été introduite par le passé pour faire face au passé difficile de l’Ouganda et répondre aux besoins de la diaspora, les hauts fonctionnaires devaient quant à eux affirmer sans équivoque leur engagement. Il a ajouté que les cadres régionaux tels que la Fédération d’Afrique de l’Est restaient la réponse ultime à long terme aux questions d’identité et d’intégration régionale.
Les formalités légales ayant été accomplies, l’ambassadeur Ayebare a officiellement pris ses fonctions au siège du ministère à Kampala, où une remise et reprise a été organisée avec Haruna Kyeyune Kasolo, qui assurait l’intérim à ce poste depuis le 22 juin 2026.
En prenant les rênes du service diplomatique ougandais, l’ambassadeur Ayebare a appelé au travail d’équipe, à une discipline rigoureuse et au professionnalisme afin de faire progresser les objectifs de la politique étrangère du pays. Sous sa direction, l’appareil diplomatique ougandais se concentrera principalement sur la diplomatie économique en favorisant les opportunités commerciales, d’investissement et touristiques. Il accordera également la priorité à l’intégration régionale au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de l’Union africaine, tout en gérant des campagnes multilatérales stratégiques telles que la candidature de l’ambassadeur Olara Otunnu au poste de secrétaire général des Nations unies.

Un homme bourré de diplômes
Né le 18 octobre 1966, l’ambassadeur Adonia Ayebare, docteur en sciences, apporte au ministère une combinaison rare d’intuition journalistique, d’une solide formation universitaire et de plusieurs décennies d’expérience en médiation dans des situations à haut risque. Il a débuté sa carrière en tant que journaliste à l’East African Business Week à Kampala, avant d’occuper le poste de chargé d’information au sein du Réseau régional intégré d’information des Nations Unies.
Sa carrière diplomatique a débuté lorsqu’il a été nommé conseiller principal et envoyé spécial de l’Ouganda pour le processus de paix au Burundi, de 2001 à 2008, tout en occupant simultanément les fonctions d’ambassadeur et de chef de mission au Rwanda et au Burundi entre 2002 et 2005. Il a ensuite occupé des postes clés à New York, dont le point d’orgue a été un mandat de neuf ans en tant que représentant permanent de l’Ouganda auprès des Nations unies, de 2017 à 2026. Il a par ailleurs occupé les fonctions de conseiller principal pour la paix et la sécurité au sein de la Mission de l’Union africaine auprès des Nations Unies et de directeur du programme Afrique à l’Institut international pour la paix.
Son parcours universitaire est tout aussi impressionnant: il est titulaire d’une licence en communication de masse de l’université de Makerere, de deux masters de l’université de Long Island et de la Fletcher School of Law and Diplomacy de l’université Tufts, de deux doctorats de l’université de l’Indiana et de l’université Rutgers, ainsi que d’un certificat exécutif en sécurité internationale de la Harvard Kennedy School of Government.
Armel Rugambwa



































































