Dusabe groupe company, de Noeline Dusabe, domiciliée à Nyagatare, devra désormais encaisser pas moins de 12 millions de francs rwandais chaque mois suite à la vente du gombo et du piment.
La jeune femme, patronne de Dusabe groupe company de Nyagatare, vient de signer un contrat de vente de gombo avec deux clients d’Europe. Le premier se trouve en Allemagne et le second en Belgique. Elle s’est engagée à leur fournir pendant toute une décennie ce légume recherché.
« Le gombo est une nouvelle culture pour mon entreprise agricole, » déclare Noeline Dusabe. « J’attends la première récolte au cours de ce mois de novembre, » annonce-t-elle. « Je compte produire 3 tonnes par semaine. Elles me rapporteront chaque fois 1,5 millions frws. C’est-à-dire 6 millions frws par mois. Et cela pendant 4 mois d’affilée, c’est-à-dire 24 millions frws, » dit-elle rayonnante de joie.
Cette culture vient s’ajouter au piment cultivé à Kagitumba, au nord-Est du pays. Son client rwandais rafle toutes les trois tonnes récoltées pour les exporter en passant par NAEB. « Chaque mois, les recettes s’élèvent à 6 millions. Après déduction des dépenses, il me reste deux millions frws, » révèle-t-elle sans détour.

En plus de piment et du gombo, elle s’est également lancée dans la culture du gingembre. « Cette culture est toute nouvelle pour nous. Elle occupe deux hectares. Nous devons attendre six mois pour la récolte, » dit-elle. Contrairement aux deux cultures ci-haut citées, le gingembre sera commercialisé dans le pays.
Une main d’œuvre importante
Cette jeune femme âgée de 29 ans, membre du Forum des jeunes dans l’agro-alimentaire du Rwanda (RYAF), cultive sur six hectares en trois endroits différents. A Nyagatare, Rukomo et Kagitumba.
En tout, elle fait travailler six mille personnes dont 12 contractuelles. Les autres sont des journaliers. « Ce sont des journaliers pour la plupart car à la fin de la journée, ils sont payés, » explique-t-elle.

Ils ne travaillent pas tous en même temps. Certains sont engagés au moment de la préparation du sol et la période des semailles. D’autres viennent pour le sarclage. Et enfin, l’Entreprise Dusabe recherche encore les ouvriers au moment de la récolte.
Malgré une main d’œuvre importante, la propriétaire confirme s’occuper d’un travail bénéfique. « Ne vous en faites pas, on a une marge bénéficiaire confortable, sinon on aurait changé de business, » affirme Noeline Dusabe.
Des pertes importantes dues à la pandémie de covid-19
Pendant la crise sanitaire, les engagements n’ont pas été honorés. Les avions ont été cloués au sol. La vente du piment a été suspendue. Le piment s’est détérioré car il n’a pas été récolté en temps opportun. Et l’on ne pouvait pas le conserver.

« Le piment ne se conserve pas pendant longtemps, » souligne-t-elle. « Je dois tout faire pour m’engager dans la transformation de ce produit agricole, » promet-elle. « Il sera transformé en poudre pour produire le piment au ketchup. Cela me permettra de le conserver pendant longtemps pour le vendre au bon moment, » dévoile-t-elle sa stratégie commerciale.
Suite à sa perte due à la pandémie de covid-19, Dusabe Company a réduit sa superficie cultivable. Elle est passée de 10 hectares à 6. La main d’œuvre s’élevait à 1200 personnes. Aujourd’hui, elle a été réduite de 50%.
Elle reconnait cependant avoir commencé par la culture des patates douces. Elle s’est lancée dans le business avec 100 mille frws. Le terrain cultivé au départ appartenait à sa mère.

Après 4 ans dans l’agro-alimentaire, elle peut se targuer aujourd’hui d’avoir un capital d’investissement d’environ 60 millions de francs rwandais. « Avec ma situation actuelle, personne ne peut réussir à me convaincre de changer de travail, » atteste-t-elle.
Gérard Rugambwa




































































