La montée des eaux du lac Tanganyika a conduit à un débordement qui provoque d’importants dégâts matériels et une évacuation de la population affectée.
Selon plusieurs sources concordantes, les eaux du lac Tanganyika montent de façon continue depuis l’année passée en 2020. Partant du niveau moyen de 772,7m, elles ont atteint 776,45m au mois d’avril 2021. Soit une augmentation de plus de 4 m qui a conduit à un débordement.
Elles ont débordé et envahi les plages à Bujumbura. Le lac a rejeté les déchets solides comme s’il se révoltait contre sa pollution. Les hippopotames et les crocodiles sont menacés dans leur habitat naturel. La route macadamisée longeant le lac n’est pas épargnée. La population de Gatumba est affectée car les maisons baignent dans l’eau. Les rivières Mpanda, la Grande et la Petite Rusizi déversant dans le lac ont dû se frayer un chemin, pour se répandre à Gatumba, ne pouvant pas continuer leur trajectoire suite à la montée des eaux du lac.
Une partie des habitants de la zone Gatumba, frontalière avec la RDC (Uvira), a été évacuée. Le business touristique au bord du lac est quelque peu perturbé.
Il suffirait d’une montée de 0,55m pour que le port de Bujumbura soit inondé. Cela paralyserait les activités portuaires.

Ce phénomène serait simplement naturel car il n’est pas nouveau. En 1878 le lac aurait atteint une hauteur de 783,60m ; en 1964, 86 ans après, le niveau du lac s’est élevé jusqu’à 777,08 m ; le lac se fait encore parler de lui en 2020-2021.
D’autres n’excluent pas également les effets du réchauffement climatique.
Cette situation serait due aussi en partie au non-respect du code de l’eau de 2012. Ce dernier prévoit une bande de 150 m de largeur à partir des eaux du lac faisant partie du domaine public. Le constat aujourd’hui est que ce code a été violé. Et les eaux du lac ont débordé à certains endroits jusqu’à plus de 500 m.
Le Conseil des ministres se saisit du dossier
Le conseil des ministres du 5 mai tenu à Gitega, la capitale politique du Burundi, a discuté sur le plan de gestion du littoral du lac Tanganyika.
L’exécutif a jugé que ce document mérite d’être approfondi avec l’appui des experts de différents domaines avant son adoption. Il faut également une étude d’assainissement des rivières qui se déversent dans le Lac Tanganyika pour le protéger contre la pollution et protéger les riverains de ces rivières.
Le Ministère en charge des infrastructures devrait tirer les conséquences du comportement actuel du lac Tanganyika. Les infrastructures en cours d’études ou en réalisation devront s’aligner sur des standards qui tiennent compte de la situation actuelle.
Par ailleurs, le conseil des ministres a demandé que les sinistrés soient appuyés par les ministères concernés.
Gérard Rugambwa




































































