Le district de Gicumbi a décidé de fermer certaines infrastructures de commerce. L’objectif est d’amener leurs propriétaires à respecter le plan directeur de la ville de Byumba. Certains commerçants grognent contre cette décision.
Des commerçants ont été contraints par l’autorité du district de Gicumbi à quitter leurs maisons de commerce pour poursuivre leur business en location.
« Nous avons reconstruit nos maisons en 2010. C’étaient de vieilles maisons. L’on nous a exigé de construire des maisons avec une toiture à un seul versant. Nous avons démoli nos maisons, et nous avons respecté l’instruction donnée par l’autorité de district. Après on nous a informé que ce genre de construction était démodé, qu’il fallait reconstruire en étages, » explique Valens Ntamugabumwe trouvé dans une maison de commerce louée.
« J’ai dû fermer ma maison, à deux cents mètres d’ici. J’ai laissé ma maison fermée pour venir louer ici. Là j’avais un espace suffisant, avec un stock, un espace large, ici ça fait plus de deux ans que je suis en location, » regrette Ntamugabumwe.

« Nous avons enregistré une perte importante à cause de la location, on est devenu insolvable car nous avions sollicité des crédits bancaires pour la reconstruction de nos maisons de commerce, » se plaint-il.
Chez Jean de Dieu Damascène Kamanzi, il n’y a que son épouse, Médiatrice Mukeshimana de son nom de jeune fille. Après avoir contacté son marie par téléphone, elle décide à parler à la presse. « Il nous restait deux ans pour rembourser totalement le crédit bancaire. Si le district pouvait nous accorder un délai de grâce de trois ans, nous pourrions rembourser le crédit et trouver quelque temps pour nous préparer à solliciter un autre crédit pour la construction d’une maison respectant le plan directeur de la ville. Nous ne sommes pas contre le développement de notre ville, » plaide Médiatrice Mukeshimana.
Pour Valens Ntamugabumwe, c’est plutôt un délai de grâce de 10 ans qui conviendrait le mieux. Par ailleurs, il montre qu’il n’y a aucune garantie de trouver des clients pour les maisons en étages. « On nous exige de construire en étages mais ce n’est pas sûr qu’il y aura des clients. Pour cette bâtisse dans laquelle je travaille, il a fallu imposer aux tailleurs du marché à venir occuper le deuxième niveau, » révèle-t-il.

Des discussions ont eu lieu sur la reconstruction de Byumba
Selon le maire du district de Gicumbi, Félix Ndayambaje, les commerçants n’ont pas été surpris. « Lorsque nous avons pris la décision de demander au secteur privé d’investir dans la construction sur le plateau de Byumba, nous avons pris le temps d’en discuter avec nos partenaires, » jure le maire Ndayambaje. « Nous avons tenu plus de 8 réunions, » précise-t-il. Du temps de Kaboneka Francis, alors ministre de l’administration locale, on en a discuté, sous Gatabazi Jean Marie Vianney, pendant qu’il était encore gouverneur de la province du Nord, on a continué à en discuter à maintes reprises, souligne le maire Ndayambaje.
« Certains ont accepté de s’embarquer dans le projet après avoir signé un accord avec le district. Ils se sont engagés à continuer leur business pendant un moment bien déterminé avant de se conformer au plan directeur de la ville, » déclare Ndayambaje. Le maire explique que certains se sont engagés dans la procédure de demande de permis de construire, d’autres ont commencé les travaux de construction, et une compagnie d’investissement s’est créée, « Gicumbi Investment Company ».

Le maire refuse tout délai de grâce supplémentaire. « Ce sont de vieilles maisons, » s’indigne-t-il. « Nous leur demandons de les démolir pour donner à la ville le visage recherché, » exige-t-il.
« Cette ville doit se développer conformément au plan directeur. Pour la banlieue, certains standards sont acceptés, mais ici en ville, le plan directeur doit être respecté, » affiche-t-il sa fermeté face aux grognes de quelques commerçants.
Gérard Rugambwa



































































