Une découverte récente a révélé la capacité des chimpanzés de s’automédiquer et même d’aider leurs semblables de façon désintéressée. Ceci apporte une contribution importante au débat sur la capacité des chimpanzés, animal très rapproché à l’homme.
Le chimpanzé, grand singe anthropoïde de l’Afrique équatoriale, au mode de vie arboricole et terrestre, est capable de s’automédiquer. Ceci a été confirmé par une récente découverte parue dans la revue Current Biology.
Dans la réserve forestière de Budongo en Ouganda, deux chimpanzés malades font l’objet d’une étude particulière depuis plusieurs mois par une équipe d’Oxford.
Il s’agissait de déterminer si ces mammifères mangeaient passivement les plantes ou s’ils avaient la possibilité de reconnaître des plantes médicinales.

Certains d’entre eux parcouraient des kilomètres souvent pour des feuilles moins nutritionnelles. Ces animaux ont montré une remarquable capacité à reconnaître des feuilles médicinales pour soigner leurs blessures ou guérir d’une indigestion.
Ces recherches ont été menées par l’équipe de Freymann, chercheuse britannique. Elle souhaitait vérifier si les chimpanzés qu’elle étudiait cherchaient délibérément à se soigner.
Selon les tests, les animaux recherchaient spécifiquement 13 espèces de plantes, y compris du bois sec.
De nombreuses espèces de plantes consommées par les chimpanzés possèdent des propriétés médicinales. Plusieurs de ces espèces sont également utilisées à des fins médicales dans les traditions médicinales humaines, souligne Elodie Freymann, chercheuse sur les primates à l’Institut des sciences humaines, Université d’Oxford.

Le laboratoire a constaté que 88 % des extraits de plantes réduisaient la croissance bactérienne et que 33 % avaient des propriétés anti-inflammatoires.
Dans une autre région d’Ouganda, précisément à Entebbe, dans le centre d’éducation et de conservation de la faune et la flore, des chimpanzés ont été observés en train de manger des plantes médicinales.
Chez certains chimpanzés, la méthode peut être plus surprenante. Il s’agira d’attraper des insectes, et de les appliquer directement sur la plaie ouverte.
Pour la première fois, des scientifiques ont observé ce comportement chez des chimpanzés au Gabon, qui l’utilisent non seulement pour traiter leurs propres blessures, mais aussi celles de leurs congénères.

Le point de départ remonte à 2019, lorsqu’une femelle adulte est filmée en train d’inspecter une plaie sur le pied de sa progéniture, un chimpanzé adolescent. Elle attrape brusquement un insecte, l’immobilise dans sa bouche où elle semble le presser, puis l’applique sur la plaie. Après avoir extrait l’insecte de la blessure, elle répète deux fois l’opération.
La scène a lieu dans le parc national de Loango, qui borde l’Océan Atlantique dans l’ouest du Gabon, et où les chercheurs étudient un groupe de 45 chimpanzés centraux. Par la suite, sur une période de 15 mois, les scientifiques voient des chimpanzés procéder pas moins de 19 fois à cette même technique, sur eux-mêmes.
Et par deux autres fois, ils observent des chimpanzés blessés être traités de la même façon par un congénère, ou plusieurs à la fois.
Ces découvertes sur le chimpanzé confirment sa ressemblance à l’homme. C’est un animal sociable qui vit en groupes familiaux composés parfois de près d’une centaine d’individus. Hélas le chimpanzé est une espèce en voie de disparition dans le monde.
Vital Ndayambaje




































































