Le Premier ministre de transition du Gabon, Raymond Ndong Sima, a formé son gouvernement. Il a ensuite annoncé une transition de 2 ans avant les élections libres promises au Gabon par les militaires ayant renversé le président Ali Bongo Ondimba le 30 août dernier.
Ce gouvernement hétéroclite est composé d’anciens opposants et d’ex-ministres du président déchu Ali Bongo, de militaires, d’acteurs de la société civile, mais sans les principaux ténors de l’ex-opposition à l’élection présidentielle.
L’annonce de la composition de ce gouvernement de 26 membres intervient deux jours après la désignation de Raymond Ndong Sima, 68 ans. Il avait déjà été Premier ministre sous la présidence d’Ali Bongo de 2012 à 2014, avant de s’éloigner du pouvoir qu’il accusait de mauvaise gouvernance.
”Il est bon de partir sur un objectif raisonnable, nous avons le souhait de voir le processus aboutir en 24 mois pour qu’on puisse revenir à des élections,” a déclaré Raymond Ndong Sima. Il a ajouté que cette période pourrait être “légèrement supérieure ou inférieure” au délai annoncé.
Après le coup d’Etat du 30 aout, le général Brice Oligui Nguema, proclamé Président de la transition, a promis aussitôt de rendre le pouvoir aux civils par des élections au terme d’une période dont il n’a pas précisé la durée.

Le coup d’Etat du 30 août s’est fait en quelques instants et sans effusion de sang, tous les chefs de corps de l’armée et de la police s’étant rassemblés derrière le général Oligui.
Les militaires putschistes, qui jouissent du soutien d’une très grande majorité de la population et de l’opposition, assurent avoir agi pour “préserver des vies humaines” après une élection frauduleuse et pour mettre fin à la “mauvaise gouvernance” et la “corruption” dont ils accusent le clan Bongo.
La Charte de transition mise en place par les militaires interdit aux membres du gouvernement provisoire de se présenter aux prochaines élections, Ndong Sima compris, mais n’exclut pas explicitement que le général Oligui puisse alors briguer la présidence.
Ce dernier a également promis une nouvelle Constitution qui sera adoptée par référendum et un nouveau code électoral, avec la participation de “toutes les forces vives de la Nation”.
Vital Ndayambaje




































































