Soeur Anne Béata Murekatate vient de présenter son livre, ” Le Génocide commis contre les Tutsi au Rwanda, Contribution des Benebikira à la protection des victimes et à la reconstruction du pays”. Ce livre vient montrer une congrégation des soeurs qui a reflété l’amour, la compassion, la fidélité et l’unité pendant la période la plus sombre de l’histoire rwandaise.
Lors du café littéraire de ce jeudi 06 novembre, au site mémorial de Gisozi, le livre de Soeur Anne Beta Murekatete a permis au grand public de découvrir l’amour, la compassion, la fidélité et l’unité des Soeurs Benebikira pendant le génocide contre les Tutsi en 1994 et après.
” Les soeurs Benebikira ont fait plus qu’aider. Elles ont protégé, caché, nourri et soigné les victimes du génocide, souvent au péril de leur propres vies,” affirme Soeur Anne Béata Murekatete.

Dans la préface de ce livre au contenu rare sur les religieux, Antoine Mugesera présente son témoignage sur le comportement irréprochable des Soeurs Benebikira pendant la période la plus sombre du pays.
” Dans cette congrégation, personne n’a ni déserté, ni livré sa consoeur recherchée, ni même abandonné les Tutsi venus se réfugier dans les établissements ou centres de santé qu’elles dirigeaient. Personne n’a vendu son âme au diable. Toutes les soeurs sont restées ensemble et au moins 18 d’entre elles l’ont payé de leur vie,” écrit Antoine Mugesera.
Il se prépare à publier sa recherche sur le comportement des Chefs religieux au Rwanda pendant le génocide commis contre les Tutsi en 1994. Il affirme que les soeurs Benebikira sont restées fidèles à leur engagement religieux.

Elles sont restées unies, se distinguant des autres congrégations religieuses catholiques et du reste des confessions religieuses.
” Vous avez protégé les victimes, vous n’avez pas sali votre nom,’Abihayimana’ (Celles qui se sont voeuées à Dieu)”, leur signifie le ministre de l’Unité nationale et de l’engagement civique, Dr. Bizimana Jean Damascène.
” Beaucoup n’ont pas agi comme vous,” souligne le ministre Bizimana. ” Ce livre apprendra aux jeunes que même pendant les moments difficiles, les bonnes gens demeurent ça et là,” déclare-t-il.

Une oeuvre continue
A la sortie du génocide, il y avait beaucoup de démunis suite aux actes de pillage et à la perte des parents, notamment. Il était difficile pour la plupart de remplir les conditions exigées par les écoles. Cependant, les soeurs Benebikira ont dû intervenir en faveur des enfants affligés.
” Je suis allé faire mes études secondaires chez Benebikira sans matériel scolaire, j’avais quand même une paire de draps…les soeurs m’ont donné tout ce dont j’avais besoin. Peut-être même plus. A cette époque, les garçons étaient logés en dehors de l’établissement. Et c’était payant. Elles m’ont envoyé rejoindre mes condisciples au home. Arrivé là, j’ai constaté que les soeurs avaient déjà payé pour moi le loyer,” témoigne Emmanuel Nshimiyimana qui était prêt à rentrer chez lui pour peut-être abandonner définitivement l’école. La compassion et la générosité des Benebikira ont contribué à faire de lui ce qu’il est devenu. Un homme respectable.

Après le génocide, les soeurs Benebikira ont joué un rôle important dans le secteur de l’éducation. Elles ont dû intervenir dans la gestion de plusieures écoles secondaires, professionnelles et primaires. Elles en ont construit également. Ce qui a permis de donner aux enfants une éducation de qualité.
Dans sa conclusion, Soeur Marie Anne Béata Murekatete recommande d’éviter le mal et d’adopter l’esprit de sacrifice.
” Je souhaite que ceux qui liront ce livre aient le courage d’éviter en premier lieu le mal d’où qu’il vienne, et ensuite de renforcer la véritable religion du sacrifice de soi pour verser leur sang au besoin, au lieu de prendre la vie de leur prochain,” lit-on à la page 170.
La première version de ce livre a été publiée en français. Elle compte publier la seconde en Kinyarwanda dès qu’elle trouve les fonds nécessaires.
Gérard Rugambwa




































































