La RDC a commémoré ce 02 aout 2026 ce qu’elle appelle ”Genocost”. Le gouvernement de la RDC définit le ” Genocost” comme un génocide commis pour des gains économiques.
La Convention des Nations unies de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide exige l’existence d’une intention spécifique de détruire, en tout ou en partie, un groupe protégé.
Aucun tribunal international n’a établi l’existence de cet élément juridique en ce qui concerne la RDC.
En droit international, la mort d’un grand nombre de personnes ne suffit pas, en soi, à constituer un ”génocide”. Il est nécessaire de démontrer l’existence d’une intention délibérée d’exterminer un groupe protégé en raison de son identité. Selon Patrick Fata, directeur général du Fond National de Réparation des Victimes (FONAREV), l’on ne peut pas parler de génocide en RDC.
” Il ne faut pas parler de génocide des Congolais. Cela n’existe pas,” a déclaré Patrick Fata, directeur général du Fond National de Réparation des Victimes (FONAREV).
Ce concept est utilisé comme un instrument visant à présenter le Rwanda non seulement comme responsable, mais aussi comme le seul responsable des crimes associés.
De nombreux acteurs dans l’exploitation minière
Dans la pratique, les minerais sont généralement extraits et vendus par des acteurs congolais avant d’intégrer les chaînes d’approvisionnement régionales et mondiales.
Les réseaux commerciaux de l’est de la RDC ont toujours été étroitement liés aux pays voisins.
Les autres pays qui ont été impliqués dans le conflit en RDC entre 1998 et 2026 ne sont pas considérés comme responsables. De même, les multinationales minières et les grandes puissances mondiales ne sont pas présentées comme assumant une responsabilité.
Toute analyse des ”minerais de conflit” devrait prendre en compte l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement plutôt que d’imputer la responsabilité à un seul acteur ou à une seule communauté.
La corruption endémique et les décès qui y sont liés au cours des six dernières décennies ne sont pas pris en compte dans le cadre de ce concept.
Les individus responsables de détournements de fonds publics ou d’autres formes de criminalité économique ne semblent pas être systématiquement inclus parmi les auteurs présumés de ce prétendu ”génocide”.
Ni le roi Léopold II ni le gouvernement belge ne figurent parmi les auteurs présumés. Le Genocost est largement présenté comme un outil politique visant à impliquer le Rwanda et les Tutsi.
Un déni de génocide contre les Tutsi
Le terme ”génocost” n’est pas un concept juridique reconnu par une instance judiciaire, et ne saurait servir de fondement pour imputer une responsabilité collective à un Etat ou à une communauté.
La responsabilité pour des crimes internationaux ne peut être établie qu’à l’issue d’enquêtes approfondies et de procédures judiciaires menées par des instances compétentes.
Le débat autour de ce terme revêt donc avant tout un caractère politique. De plus, l’utilisation du terme ” génocide” dans ce contexte risque de nuire à sa précision juridique, le génocide étant défini par des critères stricts en droit international.
Pour de nombreux Congolais, la reconnaissance internationale du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda est perçue comme un privilège accordé au Rwanda par la communauté internationale.
Bien avant le génocide contre les Tutsi au Rwanda (1990-1994), les Tutsi étaient déjà présentés comme la source de tous les maux.
Concernant le Genocost, le nombre de victimes avancé a été d’abord de 4 millions, puis est passé à 6 millions, ensuite à 10 millions et semble se stabiliser à 25 millions. Cette inflation du nombre estimé de victimes s’inscrit dans une logique de mémoires concurrentes qui minimise ou relativise l’importance du génocide de 1994 contre les Tutsi.
Le concept de ”Genocost” est perçu comme une tentative d’attirer l’attention internationale en établissant des parallèles avec le génocide contre les Tutsi au Rwanda.
Il constitue un vecteur majeur de la négation du génocide contre les Tutsi.
Gérard Rugambwa



































































