Certains médias internationaux continuent à minimiser le nombre de victimes du génocide contre les Tutsi de 1994. Les Nations Unies, depuis plus de deux ans, ont adopté le chiffre de ”Plus d’un million…” révélé par le Rwanda après son recensement. Le refus de s’y conformer est tout simplement du négationnisme.
Le ministère rwandais de l’administration locale et des affaires sociales, entre 2000 et 2002, a organisé un recensement exhaustif pour identifier chaque victime par son nom. L’objectif était de contrer les estimations approximatives de l’époque. Les résultats ont donné le chiffre de 1.074.017 Tutsi massacrés.
La commission d’experts de l’Organisation des Nations Unies (ONU) dès 1994 avait déjà évoqué une fourchette assez large allant de 500.000 à 1.000.000 de morts.

Le chiffre de 800.000 morts a fini par s’imposer comme une moyenne adoptée par les Nations Unies. Cependant, il convient de souligner que cette organisation s’est finalement conformée au chiffre de plus d’un million de victimes obtenu après un travail minutieux.
L’adoption officielle de ce chiffre par les Nations Unies ne repose pas sur une décision d’un individu. C’est plutôt suite à une évolution institutionnelle.
En 2003, l’Assemblée générale des Nations Unies, par sa résolution A/RES/58/234, a instauré la Journée internationale de réflexion sur le génocide contre les Tutsi de 1994. Au fil des commémorations, le langage officiel a évolué. Les Nations Unies ont opté pour le chiffre de plus d’un million de victimes.

Le tournant majeur a eu lieu en 2018, puis en avril 2020 lorsque l’Assemblée générale a adopté des résolutions notamment pour modifier l’appellation officielle en ” Génocide contre les Tutsi”.
Ces textes soutenus par la communauté internationale ont validé la réalité de ”Plus d’un million de personnes” massacrées pendant le génocide contre les Tutsi. Tous les documents officiels des Nations Unies n’omettent plus ce chiffre.
Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, depuis 2024, mentionne lui-même dans ses discours le chiffre de “Plus d’un million de personnes” pour honorer la mémoire des victimes. Continuer à se servir d’un chiffre inusité pourrait faire croire en une action délibérée.
Gérard Rugambwa



































































