Les quelques rares rescapés du génocide commis contre les Tutsi de la localité de Nyange, dans le district de Gisagara, souhaitent avoir un mémorial spécial pour les familles disparues. Ils ont soulevé cette doléance lors de la 30eme commémoration ce 9 mai 2024.
La date du 9 mai 1994 a été la plus horrible dans la localité de Nyange, secteur de Kansi dans le district de Gisagara. Selon l’une des rares rescapés de ce pogrom, Murekatete Kabarira, c’est à ce jour que la date fatidique de l’apocalypse a sonnée.

Elle a expliqué que le génocide a débuté chez eux en date du 22 avril sous les ordres du président du gouvernement autoproclamé Théodore Sindikubwabo.
” Au début le 22 avril, les génocidaires ciblaient surtout les hommes et les garçons. Mais en date du 9 mai, la ministre Pauline Nyiramasuhuko a donné les ordres d’aller balayer toutes les ”saletés” qui restaient. Elle désignait ici les Tutsi. C’est ainsi que les bourreaux sont venus exterminer toutes les femmes et les enfants qui avaient été rassemblées en un même endroit’’, a-t-elle expliqué.

Mgr. Alexis Birindabagabo, originaire de Nyange, et dont les parents, frères et sœurs et d’autres proches ont été exterminés, a déclaré que les atrocités de Nyange sont un bel exemple pour quelqu’un qui veut comprendre ce que c’est le génocide.
Partant du fait que plusieurs familles de la localité de Nyange ont complètement été décimées et disparues à jamais, ces rares rescapés de Nyange ont demandé qu’il y ait un site mémorial spécial pour ces disparues.

Cette doléance a été bien accueillie par le ministre de l’administration locale et le maire du district de Gisagara qui étaient présents à la cérémonie. Toutefois, ont-ils dit, la décision sera prise après consultations des instances compétentes concernées.
Le ministre de l’administration locale, Jean Claude Musabyimana, a rappelé que le génocide contre les Tutsi est le fruit de la mauvaise politique et que l’heure est aujourd’hui à la correction des erreurs du passé.
” Le virus du divisionnisme a été introduit par les colonisateurs. Il a été par la suite alimenté et fertilisé par les 2 républiques qui s’en sont suivies. Le résultat a été le génocide commis contre les Tutsi en 1994’’, a déploré le ministre Musabyimana.

Il a ajouté que la politique actuelle est de reconstruire le pays, réhabiliter les rescapés du génocide et réunir tous les Rwandais pour éviter tout ce qui pourrait ramener les divisions, mère de tous les maux.
De son côté le maire du district de Gisagara, Jérôme Rutaburingoga, a expliqué que la mauvaise politique ayant conduit au génocide doit être bannie à jamais. Il a honni les anciens politiciens qui ont incité à la haine et au génocide dans l’ancienne préfecture de Butare et dont ils étaient originaires.

Il a cité nommément certains d’entre eux dont Joseph Gitera, Théodore Sindikubwabo, Augustin Ndindiriyimana, Pauline Nyiramasuhuko, Lt Colonel Augustin Nteziryayo, et bien d’autres comme Habimana Kantano qui était journaliste animateur très populaire. Toutes ces personnes, a dit le maire Rutaburingoga, ont joué un rôle de premier plan dans la destruction de leur préfecture d’origine et la mort de leurs frères et sœurs.
Le maire Jérôme Rutaburingoga a déclaré que cette malédiction ne retombera plus jamais sur le Rwanda, car, a-t-il dit, 30 ans après le génocide commis contre les Tutsi, la société rwandaise s’est reconstruite, travaille ensemble au développement, sous la bonne gouvernance bien éclairée et soucieuse du bien-être de toutes les composantes de la population rwandaise.
Vital Ndayambaje



































































