Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a insisté sur le devoir de mémoire et de vigilance vis-à-vis du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda. C’était lors de son discours à l’assemblée générale, ce 7 avril, au moment de la Journée de réflexion sur le génocide contre les Tutsi au Rwanda.
Lors de cette cérémonie, Antonio Guterres a exhorté la communauté internationale à tirer les leçons d’un passé encore vif. Il a insisté sur le devoir de mémoire et de vigilance.
”Aujourd’hui, nous pleurons le million d’enfants, de femmes et d’hommes massacrés lors du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994’’, a-t-il déclaré.
Il a rappelé l’ampleur d’un crime dont les séquelles humaines, sociales et politiques demeurent profondes encore aujourd’hui.
Revenant sur les ressorts de cette tragédie, Antonio Guterres en a souligné la nature délibérée.
” Le déchaînement de violence épouvantable n’était pas spontané, il était intentionnel, prémédité et planifié, alimenté notamment par un discours de haine, et a contribué à la déshumanisation’’, a-t-il affirmé.
Il a ajouté que ce discours de haine a été propagé à l’époque par certains médias rwandais comme Radio-télévision libre des mille collines (RTLM).
António Guterres a saisi l’occasion pour inviter à un sursaut éthique et collectif.

” En cette journée du souvenir, engageons-nous à être vigilants et à œuvrer de concert à bâtir un monde de justice et de dignité pour tous et toutes-en mémoire de toutes les victimes et de toutes les personnes rescapées du génocide au Rwanda’’, a-t-il déclaré.
Le secrétaire général, Antonio Guterres, s’est insurgé contre les appels de haines qui ne cessent de surgir et souvent amplifiés par les outils numériques.
” Nous vivons une époque de division. Le discours du “nous contre eux” se fait de plus en plus entendre et polarise les sociétés. Les technologies numériques sont instrumentalisées pour aviver la haine, attiser les dissensions et répandre des mensonges’’, a-t-il mis en garde.
Dans un contexte international marqué par une résurgence des conflits identitaires et des tensions sociales, António Guterres a plaidé pour une mobilisation renforcée des Etats, en particulier sur le front du numérique.
Le Secrétaire général a ainsi lancé un appel à l’universalisation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, texte adopté par la communauté internationale en 1948, mais que plusieurs pays n’ont toujours pas ratifié.
” Je demande instamment à tous les Etats de devenir parties à la Convention’’, a-t-il exhorté.
Le Secrétaire général des Nations Unies a terminé son allocution en soulignant que le Rwanda avait réalisé un parcours extraordinaire vers la réconciliation et la justice depuis la fin du génocide en 1994.
Cette cérémonie de la Journée de réflexion sur le génocide contre les Tutsi au Rwanda s’est déroulée dans l’enceinte de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York. Elle réunissait survivants du génocide, diplomates et membres de la société civile.
Vital Ndayambaje




































































