L’Agence Spatiale Rwandaise (RSA), depuis sa création en 2018, continue à progresser sur sa ”trajectoire” visiblement tracée avant son existence.
RSA (Rwanda Space Agency), en collaboration avec l’Université de Tokyo, a lancé un petit satellite rwandais, RwaSat-1, sur orbite terrestre basse. C’était en 2018.
Cette opération avait pour but de débuter la formation des ingénieurs rwandais dans ce secteur. Selon Georges Kwizera, directeur général en charge de la Technologie à l’Agence Spatiale Rwandaise, plus de 30 sont déjà formés. La plupart sont en fonction dans cette institution âgée de 5 ans seulement. Ils peuvent aujourd’hui exploiter les données satellitaires collectées dans l’espace.

Cette Agence a l’ambition de passer à l’étape suivante pour se développer davantage. Pour le moment toutes les images satellitaires exploitées transitent par l’Europe. RSA désire construire un Centre Spatial près de Rwamagana. Il va servir pour recueillir toutes les données satellitaires que l’on achète ou collecte en tant que pays.
” C’est un grand projet qui va changer le mode de gouvernance du pays car l’on va avoir des données sur presque tous les secteurs du pays,” déclare Georges Kwizera, directeur général en charge de la Technologie à RSA.
La priorité sera accordée à l’agriculture pour commencer. Le ministère de l’agriculture et des ressources animales bénéficiera d’un appui pour pouvoir observer les cultures. Ils vont s’occuper de la surface et les produits agricoles cultivés.
Et puis on va examiner la croissance de ces cultures. L’on saura si elle est bonne. En cas de maladie, l’intervention sera effectuée en temps opportun pour éviter une mauvaise production.

Le secteur privé ne sera pas délaissé. Il sera soutenu au niveau du renforcement des capacités. Ainsi ils sauront comment exploiter les données en vue de développer les produits essentiels pour le marché.
Besoin de ressources humaines sur cette ” trajectoire”
Au fur et à mesure que RSA avancera sur sa trajectoire, le besoin de ressources humaines se fera sentir. Dans sa planification, cette Agence Spatiale, en collaboration avec le ministère concerné, cherche à lancer une formation académique relative à la technologie spatiale.
” Le pays a besoin de beaucoup de gens pour soutenir ce secteur,” indique Georges Kwizera. ”Nous lançons un appel aux jeunes pour embrasser la technologie spatiale. Elle est accessible à tous,” dit Georges Kwizera.
Certains jeunes contactés à l’issue d’une conférence de deux jours organisée par RSA, affirment avoir pu déceler la nécessité de compléter leurs études académiques par la technologie spatiale.

” J’ai encore beaucoup de lacunes au niveau des compétences pour bien servir mon pays surtout dans le secteur de la technologie spatiale,” reconnait Bonette Umutoni, étudiante à l’Université du Rwanda, campus KIST. Elle fait l’Ingénierie des ressources en eau.
” Je ne crains pas de passer plusieurs années sur le banc de l’Université. Ce qui m’intéresse c’est l’avenir. Il y a également les responsabilités qui sont les miennes de faire ce que je peux pour mon pays,” montre-t-elle son engagement.
RSA, bien que jeune, n’a pas tardé à démontrer son importance. Cette agence a permis de minimiser les dégâts lors des désastres dues aux pluies torentielles surtout dans la province de l’Ouest au mois de mai dernier.
L’on a aussi utilisé les données satellitaires pour pouvoir observer si le magma n’allait pas se déverser dans le lac Kivu, en mois de mai 2021, au moment de l’éruption volcanique de Nyiragongo.
Gérard Rugambwa
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