Au lendemain de l’annonce de la poursuite pour haute trahison enclenchée à l’encontre de l’ex-chef d’Etat Bazoum, la CEDEAO a condamné cette démarche. Même chose du côté des Etats-Unis qui s’indignent de cette poursuite judiciaire de Bazoum par la junte militaire.
” La CEDEAO a appris avec stupéfaction la volonté exprimée de traduire devant les tribunaux Mohamed Bazoum président de la République du Niger pour haute trahison,” a écrit la CEDEAO le 14 août 2023.
La CEDEAO dit condamner cette démarche consistant en une nouvelle forme de provocation. Selon cette organisation, cette décision contredit la volonté portée aux autorités militaires de la République du Niger de rétablir l’ordre constitutionnel par les moyens pacifiques.
La CEDEAO poursuit en disant que le président Mohamed Bazoum reste le Président démocratiquement élu de la République du Niger reconnu par la CEDEAO et la Communauté internationale.
Enfin, les dirigeants de la CEDEAO appellent à une libération immédiate et à son rétablissement dans ses fonctions.
Les Etats-Unis indignés
Les Etats-Unis ont exprimé également leur indignation face aux menaces des dirigeants militaires nigériens de juger le président Mohamed Bazoum, détenu depuis le coup d’Etat du 26 juillet.
Le porte-parole adjoint du département d’Etat américain Vedant Patel, a affirmé que cette décision aggraverait les tensions.
” Nous sommes incroyablement consternés par les informations selon lesquelles la détention injuste du président Bazoum est allée encore plus loin maintenant qu’il est menacé de poursuites judiciaires,” a indiqué Vedant Patel.

” Cette action est totalement injustifiée et franchement, elle ne contribuera pas à une résolution pacifique de cette crise. C’est un affront supplémentaire à notre avis à la démocratie, à la justice et au respect de l’Etat de droit. Une telle menace souligne l’urgence de respecter l’ordre constitutionnel au Niger”, a annoncé Patel lors d’une conférence de presse lundi au département d’Etat à Washington.
Les Nations-Unies avaient exprimé plus tôt un sentiment similaire. Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré qu’une tentative de la junte nigérienne de porter des accusations de haute trahison contre le président démocratiquement élu Bazoum est très inquiétante.
Crainte d’une peine de mort à l’encontre de Bezoum
D’autres réactions montrent que beaucoup de personnes craignent la peine de mort pour Bazoum.
S’il est reconnu coupable, Bazoum pourrait être condamné à la peine de mort. Ali Idrissa, militant des droits de l’homme, craint que le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie ne garantisse pas une justice impartiale à l’égard de Mohamed Bazoum. Selon lui, le groupe militaire du CNSP devra disposer de toutes les preuves nécessaires avant de le livrer (Bazoum) à la justice.
Détenu dans ses appartements présidentiels depuis le coup d’Etat du 26 juillet, Mohamed Bazoum évoque des conditions de détentions inhumaines et cruelles, mais la junte affirme que les militaires n’ont jamais investi sa résidence et qu’il dispose encore de tous ses moyens de communication.
Vital Ndayambaje



































































