La vice maire du district de Nyaruguru en charge des Affaires Sociales, Assumpta Byukusenge, appelle les élèves des écoles secondaires du district de Nyaruguru à cultiver l’esprit de tolérance et d’unité pour espérer une vie paisible post-génocide.
Lors de la commémoration en mémoire des élèves et enseignants, victimes de génocide contre les Tutsi de 1994 dans trois établissements scolaires situés à Kibeho, district de Nyaruguru, la vice maire Assumpta Byukusenge appelle les jeunes scolarisés à préserver la paix.
« La jeunesse constitue la force de notre pays. A l’extérieur comme à l’intérieur de l’école, en classe aussi bien que dans les dortoirs, elle doit cultiver la culture de la paix et de l’unité pour espérer une vie meilleure après l’histoire tragique de notre pays, » déclare la vice maire Byukusenge.
« Combattez l’idéologie de la haine et informer sans tarder vos supérieurs hiérarchiques si vous détectez quelque geste insinuant l’idéologie génocidaire, » ajoute-t-elle. Elle s’adressait directement aux élèves des Groupe Scolaire Mère du Verbe, Groupe Scolaire Marie Merci et le Groupe Scolaire Saint Paul.
Le Secrétaire exécutif, élève d’une de ces écoles en 1994…
L’actuel secrétaire exécutif du secteur de Kibeho, Védaste Habimana, est l’un des anciens élèves rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi du Groupe Scolaire Marie Merci en mai 1994.
Il montre combien le génocide était prévisible. « Il y avait un climat tendu à l’intérieur de l’école et des groupes d’élèves très violents, des tensions attisées par quelques extrémistes venus de l’extérieur de l’école. On sentait que le génocide contre les Tutsi s’approchait, » témoigne Habimana.
Il revient ensuite sur le parcours difficile pour échapper aux génocidaires. « Dès la fin du mois d’avril 1994, l’école était encerclée par les gendarmes. A l’extérieur près de l’Eglise, les gens avaient été massacrés devant nos yeux Le 1er mai vers 2h 00, nous avons donc profité du moment où les gendarmes prenaient le dîner pour nous échapper et fuir vers le Burundi. Nous étions au nombre de 10 dont une adolescente de 13 ans à l’époque. »
Le secrétaire exécutif Habimana ajoute qu’ils ont mis environ une semaine pour arriver au Burundi. « C’était dure. On marchait la nuit et le jour on se cachait dans des brousses. On mangeait des patates douces crues et des graines de sorgho des champs, » révèle-t-il.
« Aujourd’hui c’est plutôt une chance que nous sommes en vie plutôt qu’un esprit de courage, » conclut humblement Habimana. Il voit dans l’avenir, une vie meilleure pour la jeunesse rwandaise.

Les élèves du Groupe Scolaire Marie Merci se trouvaient à l’école…
Au déclenchement du génocide le 7 avril 1994, les élèves du Groupe Scolaire Marie Merci étaient à l’école alors que d’autres, dans le reste du pays, étaient en vacances de Pâques. En effet, en février 1994, des querelles à caractère ethnique s’y étaient éclatées. Ce qui poussa à sa fermeture temporaire. Les élèves étaient revenus à l’école pour récupérer ce temps perdu.
Ervela Uwiduhaye, élève de Terminale au Groupe Scolaire Mère du Verbe de Kibeho a l’espoir qu’une vie future meilleure est possible. « Nous commémorons la mémoire de nos collègues tués ici pendant le génocide. L’unité et l’amour entre nous est une règle, » indique l’étudiante de 19 ans.
Le nombre exact d’élèves et d’enseignants du Groupe Scolaire Marie Merci assassinés pendant le génocide n’est pas encore connu avec précision, selon le secrétaire exécutif Habimana. A ce jour, on en dénombre 74 élèves, 14 enseignants et membres du personnel. Le monument en leur mémoire a été érigé à l’intérieur de l’établissement
Cette commémoration a été clôturée par le dépôt des gerbes de fleurs sur les trois monuments mémoriaux de Kibeho.
Domice Gasarabwe




































































