Le Représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Kigali, Dr. Brian Chirombo, invite les participants à la formation sous-régionale sur le suivi de la protection financière en matière de santé, à transformer les données en actions, pour des résultats concrets.
Dr. Brian Chirombo, représentant de l’OMS à Kigali, devant les statisticiens et les représentants des ministères de la santé de plusieurs pays subsahariens, a montré que l’atteinte de la Couverture sanitaire Universelle (CSU) reste handicapée par le manque de protection financière en Afrique.
” La Couverture Sanitaire Universelle (CSU) signifie que chacun peut bénéficier des services de santé de qualité dont il a besoin, quand et où il en a besoin, sans pour autant se retrouver dans une situation de précarité financière,” a souligné Dr. Brian Chirombo.

” Nous ne pouvons pas véritablement parvenir à la santé pour tous si les personnes sont appauvries par les services mêmes destinés à protéger leur bien-être,” a-t-il ajouté.
Selon Dr. Brian Chirombo, les dernières données montrent qu’en 2022, plus de 423 millions de personnes en Afrique ont connu des difficultés financières dues aux dépenses de santé à leur charge. Plus de 384 millions de personnes ont été poussées dans la pauvreté ou y ont vu leur situation s’aggraver à cause des factures médicales, poursuit-il.
D’une manière simpliste, cela signifie que plusieurs millions de familles ont dû choisir entre manger ou se faire soigner, n’étant pas capables de se payer les deux à la fois.

Au Rwanda, ce n’est pas le cas. Il dispose d’un système de santé bien performant. La couverture sanitaire universelle est élevée (Plus de 90%).
L’expérience rwandaise pour relever les défis
Le directeur adjoint du département en charge de la formation du personnel médical au ministère de la santé, Dr. Fernand Rwamwejo, indique que le Rwanda a, à son actif, plusieurs réalisations aidant la population à ne pas tomber dans la pauvreté à cause des services de santé.
De prime abord, l’Etat a réduit la distance qu’un malade doit parcourir pour trouver une infrastructure sanitaire. Des postes de santé, des centres de santé, des hôpitaux de district et des hôpitaux de référence ont été construits à travers tout le pays.

Un autre fait très important est la mise en place d’une assurance-maladie, mutuelle de santé, qui permet à la population d’accéder aux services de santé sans trop payer au risque de manquer des moyens pour l’approvisionnement alimentaire.
Des ambulances sont disponibles dans toutes les infrastructures sanitaires publiques à partir des centres de santé. Elles servent souvent à déplacer les patients lorsqu’il s’agit d’un cas de transfert médical.
De plus, l’Etat s’est engagé dans un processus de réduction des cas à transférer à l’étranger pour des services spécialisés de santé.
Partir des données pour agir efficacement
Le Rwanda a développé au fur des années un Institut national de statistique. Les données sont recueillies sur terrain, analysées puis disseminées. A travers les statistiques, le gouvernement peut identifier qui a été laissé derrière, évaluer l’efficacité des politiques et du financement de la santé et par conséquent, prendre des décisions pour améliorer les conditions de vie de la population.

” Lorsque les producteurs de données et les décideurs politiques travaillent main dans la main, nous renforçons l’ensemble de la chaîne, des données factuelles à l’action,” a déclaré Dr. Brian Chirombo.
Cette formation qui réunit environ 30 pays africains de toutes les sous régions, vise à faire comprendre aux participants les sources de données, entre autres, permettant de suivre la protection contre les risques financiers.
Gérard Rugambwa


































































