Alors que le procès avance, il met en lumière non seulement les crimes commis à Nyanza, mais aussi les défis de la quête de vérité. Si certains témoignages manquent de clarté, d’autres offrent des preuves convaincantes de l’implication de Biguma dans les massacres.
Le procès en appel de Philippe Hategekimana, alias Biguma, accusé de ”génocide, complicité de génocide, crimes contre l’humanité, complicité de crimes contre l’humanité et participation à une entente en vue de la préparation des crimes de génocide et autres crimes contre l’humanité” se tient à la Cour d’assises de Paris depuis le 4 novembre courant.
Des récits accablants
Plusieurs témoins ont dressé un portrait sombre de l’accusé. Lors de son témoignage, Jocelyne Uwicyeza a accusé Biguma d’avoir participé activement aux attaques contre les Tutsi lors du génocide. Elle a affirmé qu’il portait un uniforme avec un béret rouge et incitait à tuer. Elle a également mentionné qu’elle a été témoin de la capture et du transport de certains hommes, dont son voisin Cassien Nkundiye, par des gendarmes incluant Biguma.
Parmi les survivants, Primitive Mujawayezu, a identifié formellement Biguma comme responsable de la mort de son père (Pierre Nyakarashi). Elle explique que trois gendarmes sont arrivés en voiture, ils ont pris Narcisse Nyagasaza, puis son père Nakarashi pour les jeter dans la voiture. Elle ne se souvient plus si c’est Philippe Hategekimana, alias Biguma qui conduisait mais précise que c’est lui qui a tiré.
Réaction de la Défense de Hategekimana
Dans le cadre du procès en appel de l’accusé Hategekimana, la défense a tenté de remettre en cause la crédibilité de certains témoignages présentés par l’accusation. Maître Alexis Guedj, l’avocat de la défense, a souligné plusieurs incohérences dans les dépositions des témoins, notamment des contradictions sur l’identité de l’auteur des tirs et des divergences concernant la présence de l’accusé lors des événements.
La défense continue de s’appuyer sur ces incohérences pour affaiblir les charges portées contre Hategekimana, tout en appelant à une réévaluation des témoignages à charge.
Les parties civiles réclament justice
Bien que la défense tente de remettre en cause la crédibilité de certains témoignages présentés par l’accusation, les avocats des parties civiles restent déterminés à obtenir justice car les contradictions ne doivent pas détourner l’attention de la responsabilité de Biguma dans ces atrocités.
Une mémoire collective en reconstruction
Alors que le procès avance, il met en lumière non seulement les crimes commis à Nyanza, mais aussi les défis de la quête de vérité. Pour les rescapés, c’est une lutte pour préserver la mémoire des victimes, redonner une voix aux survivants et affirmer que les crimes de génocide ne resteront pas impunis.
Le procès de Philippe Hategekimana rappelle que, même trente ans après les événements tragiques de 1994, la quête de justice demeure un processus long et complexe. Ce n’est pas seulement un affrontement entre témoignages accablants et contradictions soulevées par la défense. Si des zones d’ombre subsistent, la détermination des parties civiles et la rigueur judiciaire incarnent l’espoir que la vérité, aussi difficile soit-elle à établir, finira par triompher.
Amandine Ndikumasabo




































































