Dr. Alphonse Karemera, reconnu coupable de génocide contre les Tutsi en 1994, a refusé de témoigner devant la Cour d’assises de Paris dans le procès de Eugène Rwamucyo.
Dr. Alphonse Karemera était censé témoigner le 9 octobre 2024. Mais il a refusé de témoigner. Il a plutôt écrit à la Cour d’Assises, plaidant pour l’innocence de Eugène Rwamucyo. Selon la lettre lue à la Cour par le président de la Cour, Karemera a déclaré que Rwamucyo est innocent. Karemera ne comprenait pas comment un médecin pouvait devenir un meurtrier.
“Comment un médecin peut-il devenir un meurtrier, un génocidaire,” a déclaré Dr. Karemera.
Outre Karemera, d’autres Rwandais qui devraient témoigner dans le procès de Rwamucyo ont refusé de le faire, alors qu’ils étaient considérés comme ayant beaucoup d’informations sur Eugène Rwamucyo. Il s’agit de Vincent Ntezimana, Jean Marie Vianney Ndagijimana et Noël Ndanyuzwe.
Cependant, il y en a qui ont pu témoigner dans le dossier Rwamucyo.
Mukabera Marie Jeanne, qui travaillait comme réceptionniste au centre universitaire de santé publique (CUSP) de Butare, dirigé par Rwamucyo, a témoigné de Kigali à l’aide d’une vidéo conférence.
Elle a révélé qu’après le génocide contre les Tutsi, elle s’était rendue au bureau de Rwamucyo. Elle y avait trouvé deux fusils et des grenades. Marie Jeanne Mukabera a déclaré que Rwamucyo était l’une des personnes les plus proches du MRND. Elle a aussi souligné qu’il avait participé au massacre des Tutsi lors du génocide.
Mukakabera a également déclaré qu’elle aurait pu être tuée. Cependant elle était protégée par son mari faisant partie de ceux qui n’avaient pas étaient pourchassés, soulignant que son frère aîné a été tué lors du génocide.
Selon la commission nationale de lutte contre le génocide au Rwanda, Dr. Alphonse Karemera était un tueur en série. Il a dirigé le massacre de l’hôpital universitaire de Butare où les étudiants, le personnel et les enseignants tutsi ont été tués.
Il a présidé les réunions de planification et de mobilisation du génocide au centre hospitalo universitaire de Butare (CHUB). Il a encouragé les médecins et les infirmiers à refuser de soigner les patients tutsi. En 2007, Dr. Alphonse Karemera a été condamné par les juridictions Gacaca par contumace à 30 ans de prison.
Le procès de Rwamucyo va durer quatre semaines, jusqu’au 29 octobre. Visé par un mandat d’arrêt international émis par le Rwanda, Eugène Rwamucyo a été arrêté par les autorités françaises le 26 mai 2010, quelques mois après avoir été signalé par ses collègues de l’hôpital de Maubeuge où il travaillait.
Kayitankore Dieudonné Dodos




































































