Entre les réfugiés de Nyabiheke, dans le district de Gatsibo, et la communauté d’accueil se tisse une cohésion sociale grâce à l’appui de la Croix Rouge Rwandaise (CRR). Trois projets- l’agriculture, l’élevage et la couture-favorisent une bonne cohabitation mais également améliorent les conditions de vie des bénéficiaires.
La CRR a lancé, il y a une année, trois projets en faveur des réfugiés congolais de Nyabiheke et la communauté d’accueil. Des résultats palpables commencent à être enregistrés.
« La CRR nous offert un fonds de 9 millions de francs rwandais, nous sommes 71 membres dont 56 de la communauté d’accueil et 15 réfugiés, nous avons acheté trois terres cultivables. Nous avons récolté 3 tonnes de maïs, » révèle Saidi Nshimiyimana, président de la coopérative Twisungane Nyabicwamba.
« Maintenant les réfugiés savent cultiver, nous nous rendons visite, les relations sociales sont bonnes, » témoigne-t-il. « Lors de la récolte de la saison A & B, nous donnons aux membres une partie de la récolte, ils peuvent ainsi se payer l’assurance-maladie, s’acheter une chèvre, des habits, … » montre-t-il l’impact du projet d’agriculture où les maïs sont cultivés en alternance avec les haricots sur le même sol.

Immaculée Uwimana, une réfugiée congolaise de 42 ans, peut déjà épargner. « Au Congo, la culture de l’épargne n’existait pas. Maintenant nous épargnons dans SACCO, une coopérative d’épargne et de crédit, j’ai un compte personnel, » témoigne-t-elle. « L’argent gagné dans nos cultures nous a permis d’agrandir nos terres, » déclare-t-elle. Au départ la coopérative avait acheté 2,5 hectares avec le soutien de la CRR. Les membres ont ajouté 1 hectare grâce à leur production.
« Maintenant nous avons à manger, nos enfants mangent à leur faim, » ajoute cette dame qui a un adolescent de 12 ans.
L’élevage suscite de l’espoir…
Non loin de cette coopérative d’agriculteurs se trouve une autre des éleveurs. Ils sont à 52 membres. Parmi eux 20 appartiennent à la communauté d’accueil et 32 réfugiés originaires de Masisi en RDC.

« La CRR nous a octroyé un appui de 14,115 millions de francs rwandais. Nous avons construit des étables, acheté 15 vaches, des citernes d’eau et 2,5 hectares de terres cultivables, » affirme Etienne Ndangamiyumukiza, président de la coopérative Twitezimbere mu bworozi. « Pour un projet d’élevage, on ne peut pas immédiatement trouver des bénéfiques. Mais nous avons aujourd’hui du fumier et quelques génisses… nous avons l’espoir de récolter beaucoup de fruits de cette entreprise dans l’avenir, » explique-t-il. Les membres de cette coopérative ont bénéficié des formations. Ils savent maintenant comment conserver le fourrage pour le bétail.
Des revenus quotidiens avec la couture
La Croix Rouge Rwandaise a permis aux réfugiés et la communauté d’accueil de créer une coopérative de couture « Twitezimbere Abadozi Gatsibo cooperative. »

Chance Ingabire, une réfugiée âgée de 30 ans, affiche sa satisfaction. « Avec la coopérative, je couds pour les hommes et les femmes. Je gagne 2500 par jour, je peux nourrir ma famille, acheter de l’habillement et aider mes voisins en difficulté, » dit cette mère de trois enfants.
L’atelier de couture de cette coopérative est équipé de 16 machines à coudre mécaniques, 6 machines électriques pour la couture des boubous et 2 autres à coudre servant spécialement pour les boutons.
Ce projet a pour bénéficiaires 56 membres dont 30 réfugiés et 26 Rwandais de la communauté d’accueil.

« S’associer avec la communauté d’accueil a amélioré nos relations avec les nationaux. Avant on les considérait comme des gens plus aisés que nous. J’ai constaté que nous vivons dans les mêmes conditions, » confirme Chance Ingabire cette cohésion sociale tissée grâce aux trois projets appuyés par la CRR.
Selon Emmanuel Mazimpaka, directeur de communication et diplomatie humanitaire à la CRR, ces projets ont été choisis par les bénéficiaires. Ces derniers ont été désignés par les instances de base parmi les plus vulnérables.
Reboisement autour du camp de Nyabiheke
Pour préserver l’environnement et favoriser une bonne production agricole, la CRR a appuyé financièrement le reboisement autour du camp sur une superficie de 10 hectares. Les espèces distribuées sont celles pouvant cohabiter avec les cultures comme les arbres fruitiers.
Des habitations et des toilettes ont été construites. Les volontaires assurent les premiers soins aux malades avant de les transférer aux infrastructures sanitaires. Des projets identiques ont été initiés au camp des réfugiés de Mahama, dans le district de Kirehe.
Gérard Rugambwa




































































